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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 700 articles.

Affaire Seznec : The day after

Les choses de l’enfance ne meurent pas, elles se répètent comme les saisons.
Eleanor Farjeon

Ben oui je speake l'english, vu que je suis carrée devant ma tivi pour le #RoyalWedding

Je voudrais vous parler d'un détail...

Que m'a confié Gabriel Seznec.

Petit Guillaume n'est pas allé à l'école le jour d'après.

Yesssssssssssssss !

Pourquoi ?

Pour aller faire le serment, of course.

Il serait parti "le lendemain après-midi" faire ce foutu serment.

Alors, ça, ça va être difficile à prouver.

Il n'y aurait que les archives du collège Saint Joseph pour nous aider.

 

Avec le mot d'absence signé Guillaume Seznec.

On peut toujours rêver.

Pour Petit Guillaume,

lire sur ce blog :

Petit Guillaume.

 

Quand je lis qu'on me conseille d'aller travailler aux archives plutôt que d'écrire sur mon blog...

Je crois que j'ai fait preuve, ici, de l'importance de toutes mes recherches.

Et depuis longtemps.

Comme vous avez pu le lire hier avec le fax de l'Assemblée Nationale sur Camille Chautemps daté du 16 juillet 1997...

Quand arrive l'accident de PQ, Petit Guillaume est pensionnaire au collège Saint Joseph de Morlaix.

Il n'intégrera Saint Michel de Langonnet qu'en 1924.

Sous le nom de Marc.

Mais revenons à l'école Saint Joseph.

Elle est situés 5 place Daumesnil à Morlaix.

C'est tout près de la scierie du 106 rue de Brest.

On peut même y aller à pied sans problème.

 

C'est en bas de la Rue des Brebis.

Alors qu'il ait séché une journée ou deux, il pouvait réintégrer tranquillou son collège.

The day after...

Oui after the bloody sunday.

Le dimanche où Pierre Quémeneur s'éclate la tête sur l'accoudoir du fauteuil.

Donc, on arrive au lundi 28 mai 1923.

C'est toujours bizarre la façon dont est relaté le moment précis où Guillaume Seznec a regagné sa scierie.

Et il y a du flottement sur l'horaire exact.

Chez Denis Langlois, en page 38 : 

"Il était bien 2 ou 3 heures du matin quand tu as franchi à plat le portail de la scierie. Tout le monde dormait à poings fermés. Tu étais si fatigué que tu as trébuché dans l'escalier."

Chez Denis Seznec, en page 104 :

"C'est un homme exténué, conduisant une voiture rendant l'âme, qui entre dans la scierie, vers 2 ou 3 heures du matin. Il va se coucher, sans réveiller personne. Nous sommes le 28 mai."

Le "2/3heures du matin", c'est calqué sur la déclaration de Guillaume Seznec à la Dépêche de Brest du 25 juin :

"Et je revins, après de nouvelles difficultés, à Morlaix, et me retrouvai devant ma porte, le lundi, vers deux ou trois heures du matin."

Mais c''est beaucoup plus nuancé chez Bernez Rouz en page 74 :

"La date du retour de Seznec est contestée.Sa femme elle-même hésite entre le dimanche et le lundi :"Il est arrivé vers quatre heures ou quatre heures et demie, il faisait grand jour, c'était un peu avant l'angélus... en arrivant, il était fatigué. Il m'a dit qu'il avait attrapé une sacrée tournée et une tournée inutile du moment qu'il n'avait pu arriver à destination. Il s'est couché en arrivant.

Angèle Labigou, la bonne, est catégorique: "M. Seznec a été de retour le lundi matin, il était environ 4 heures lorsqu'il m'a appelée, il faisait jour, grand jour même."

Même avec le changement d'heure le samedi précédent...

Il ne peut pas faire jour, grand jour à 4 heures du matin.

Vous pouvez comparer avec nos jours actuels.

En ce moment, le jour ne se lève pas avant 6 heures du matin.

Très exactement 6 heures 08 aujourd'hui 19 mai.

C'est le foutu matin où Angèle se la pète et vient donner des ordres aux ouvriers.

Oui, selon le témoignage de Baron,c'est la domestique,Angèle Labigou, qui a donné les consignes aux ouvriers le lundi 28 mai au matin, Seznec était couché, fatigué de ne pas avoir dormi pendant deux jours.

in Ouest-Eclair du 2 septembre 1923 :

"Le lundi 28 mai au matin,en reprenant leur travail, quelques ouvriers et lui-même ont vu l'automobile de leur patron, qu'ils savaient en voyage depuis quelques jours, garée au bas du chantier de la chaufferie, à un endroit où il ne la plaçait pas d'habitude. Peu après, Angèle Labigou, la domestique, vint donner aux ouvriers les instructions de Seznec. Ils devaient TOUS se rendre au bois de Pennelé, en Saint-Martin-des-Champs, pour y travailler à la coupe de bois. M. Baron lui répondit que son métier n'était pas de remuer du bois et qu'il n'irait pas. Il resta donc au chantier. Angèle lui dit alors que son patron était couché et qu'il ne le verrait sans doute pas. Il était rentré fatigué, n'ayant pas dormi depuis deux jours. Dans l'après-midi, Seznec s'étant levé, vint au chantier."

Et oui...

Angèle a envoyé les ouvriers voir ailleurs s'ils y étaient...

Et les abrutis de voisins ont raconté tout et n'importe quoi...

Histoire de se venger des Seznec qu'ils détestaient.

C'est courant, ça, non les jalousies de voisinage ?

Quant à l'ouvrier Baron, idem et pareil.

Heureusement que Samson était là pour le contredire et le remettre à sa place.

 

Ouest-Eclair du 3 septembre 1923, témoignage Samson :

"Morlaix, 2 septembre. (De notre envoyé spécial)

Etant donné l'importance des déclarations faites hier par M. Paul Baron, qui avait travaillé chez Seznec comme affûteur de scies, nous sommes allés ce matin nous entretenir à leur sujet avec M. Raymond Samson, chauffeur de Seznec, et avec Mme Seznec.

Les indications de M. Baron relatives à l'automobile seraient en grande partie inexactes. Quand Seznec est revenu de son voyage avec la Cadillac, il ne pouvait la mettre dans le garage qui était encombré par quatre autres voitures, un camion, une carrosserie en cours de fabrication, divers outils et bidons.On ne pouvait non plus la laisser aux abords de la route ni sur le terre-plein du chantier, car celui-ci n'a pas de clôture du côté de la route. La voiture fut donc avancée d'une quarantaine de mètres dans le chemin qui conduit au bas de la scierie. Ce chemin descend rapidement, la voiture n'était plus en vue de la route et il n'y avait plus de danger de vol.

Si M. Baron n'avait jamais vu la Cadillac jusqu'alors, c'est qu'auparavant cette voiture était à Landerneau.

Il est faux que la Cadillac a été remontée le lundi 28 mai, car ce jour-là M. Samson s'en est servi. Ce n'est que le lendemain 29 mai, que l'automobile a été remontée par Seznec et M. Samson, celui-ci ayant dit au préalable à son patron qu'il n'avait pas à s'en servir ce jour-là. Pour la faire entrer au garage, on dut faire sortir deux autres automobiles qui s'y trouvaient et on les conduisit au bas de la scierie, sous un petit hangar qui était près du moulin à eau et où ces voitures se trouvent encore, comme nous les y avions remarquées nous-mêmes à plusieurs reprises. Le moteur de la Cadillac cognait un peu lorsqu'on l'a remis en marche, maison put néanmoins y parvenir. La voiture était sale et M. Samson proposa à Seznec de la nettoyer, celui-ci répondit que c'était inutile parce qu'on devait changer la carrosserie. En tout cas; M. Baron n'aida pas à rentrer la voiture.

Ce n'est que quelques jours après qu'on installa un palan pour démonter une bielle dont le coussinet était fendu. Le travail dura une huitaine de jours, il n'était pas encore terminé lorsque la police vint prendre cette pièce pour conduire la voiture au garage Huitric. Le palan ne fut donc pas installé le 28 mai et lorsqu'il le fut, M.Baron ne prêta pas son concours.

Pour ce qui est de la chaudière, M.Baron n'a jamais vu Seznec vider les cendres. C'était M.Samson qui s'occupait de la chaudière, il ne peut dire quel jour elle fut allumée pour la dernière fois, car son calepin sur lequel il inscrivait tout ce qui avait trait à sa machine, a été saisi par M.le commissaire Cunat. Il nous fait observer qu'une masse comme celle de la chaudière, reste chaude assez longtemps après que le feu est éteint, et il y a encore 5 kilos de pression.

Jamais M. Baron ne s'est occupé 'enlever les cendres, opération à laquelle on procédait périodiquement. La police a vidé elle-même les cendres et a passé les cendres au tamis. M. Samson ne pense pas que la chaudière ait pu être allumée par quelqu'un d'autre que lui, car il s'en serait aperçu.

Ce que dit Mme Seznec.

Voici maintenant les observations de Mme Seznec

Les allégations de M. Baron, relatives aux ordres transmis par Angèle Labigou sont exactes. Ce jour-là, M.Baron était occupé à réparer des chaînes, il n'avait rien à affûter c'est pourquoi on lui avait demandé d'aller donner la main au personnel qui travaillait aubois de Pennel". Il refusa d'y aller. On n'insista pas. Mme Seznec confirme les déclarations de son chauffeur, en disant que l'on n'a remonté la voiture que le mardi 29 et non la veille. Elle resta toute la journée du lundi sous ses yeux en plein air, ce qui prouve qu'on n'avait rien à cacher.

Pour ce qui est de la chaudière, Mme Seznec ne croit absolument pas aux allégations de M.Baron, d'après lequel la chaudière aurait été nettoyée par Seznec et nettoyée à nouveau par M. Baron. Celui-ci ne s'est occupée qu'une seule fois de la chaudière en l'absence de M. Samson il travailla pendant deux heures au chauffage de la machine et c'est tout. M. Samson nous a confirmé ce détail.

Mme Seznec nous déclare que, bon ouvrier, M. Baron n'était pas un méchant homme. Elle ne comprend pas pourquoi il a raconté cette histoire ou plutôt ce peut être la fille de M. Baron qui l'aura répandue dans l'usine où elle travaille."

Exit donc les langues de vipères de Paul Baron et de sa fille.

Mais qu'a donc dit Petit Guillaume à Jean-Yves Seznec sur ce "day after"....

"JYS : Ces dates-là ont été fournies par mon grand père !

Donc, tout le monde s’est polarisé à chercher des choses…

Et les témoins se sont fiés à ces dates-là pour resituer dans l’espace-temps leurs témoignages.

LL : Mais oui, parce qu’on essaye tous, on s’est polarisé sur le voyage…

Oui, mais le voyage, le voyage, le voyage, la date du voyage a été fixée par mon grand-père.

Les enquêteurs, c’est eux qui ont bafouillé après, ils se sont acharnés sur cette date-là qui était considérée comme réelle.

(...)

Ça il me l’avait dit Gabriel, il continue à me dire : « Il y a pas de cadavre ! » Voilà.

Il y a pas de cadavre…

Ah oui à Morlaix.

Ben oui il y a pas de cadavre.

Je dis la même chose.

La chaudière ?

Non plus.

Donc vous savez pour faire disparaître quelqu’un complètement, vous n’y arrivez pas..

Même en Inde  quand ils mettent 5 mètres cubes de bois…

Exact, exact…

Mais vous vous rendez compte le temps qu’il faut…

Même avec les techniques actuelles, les fameux fours… Ma mère elle va se faire incinérer… L’énergie qu’il faut pour réduire en cendres quelqu’un.

Avec les techniques des fours hyper sophistiqués qu’on a là maintenant…

A l’époque le malheureux four il n’avait pas ces pouvoirs ces capacités-là !

C’est pour ça je dis tout ça c’est des gens qui se montent le cabochon…

C’est très joli, ça, l’affaire Seznec c’est quoi, c’est des gens qui se montent le cabochon…

C’est mon parler à moi…

Enfin voilà, vous avez à la fois mon point de vue et…

Après tout ça c’est à prendre c’est sûr avec des pincettes.

(...)

Vous pensez qu’ils auraient pu emmener la dépouille en-dehors de Morlaix ?

Ah oui, je pense, parce que je sais – en fonction de ce qu’on nous a raconté – qu’ils sont partis longtemps.

Ah bon ?

Les Seznec ?

Ah pas les Seznec mais forcément il a fallu l’emmener et à mon avis ils ont pas mis ça tout près.

Donc, on ne le trouvera jamais.

On ne le trouvera jamais.

Ou alors vraiment des concours de circonstances et après il faut encore prouver que c’est bien la personne en question et tout ça, alors vous savez…

Ils sont partis ?

Donc le couple est parti ?

Non pas le couple, non.

Alors qui « Ils » ?

Je vous le dis il a forcément du se faire aider.

Donc, une tierce personne.

Un homme ?

C’est pour ça que…

Hé le chauffeur Samson ?

Comment ?

Le chauffeur qu’ils avaient, Samson…

Mon père m’a parlé du chauffeur mais le chauffeur n’a pas participé à ça.

Il a participé justement à la date du 23 qui n’était pas le bon voyage.

D’accord.

C’est pour ça que les gens, vous voyez, quand au départ, l’enquête a pris comme date une date qui n’est pas la bonne date.

Tout le monde a tourné autour d’une fausse date.

Qui était la date fixée par mon grand père.

Parce qu’il pensait certainement à un alibi,je sais pas moi…

Oui…"

Et puis dans les confidences de Petit Guillaume à Bernard Le Her :

"Je suis rentré à 7 ans en pension là-dedans. J’ai toujours été là. Quand il a eu la fièvre typhoïde, Albert, je couchais dans la chambre du directeur. J’étais très bien. Tu sais, il y avait 80 pensionnaires peut-être, et le reste était externe (…)"

.........................

Et oui...

Imaginez un peu, Seznec, aidé du gars André de Jaegher, part enterrer Pierre Quémeneur.

Ils ne seront de retour que le lundi en début d'après-midi.

Il a bien fallu éloigner les ouvriers de la scierie, isn't it ?

Puis, rapidement, Morlaix/Plomodiern et le serment...

Et le retour de Petit Guillaume à sa pension que le lundi 28 mai au soir.

Ou au pire le mardi 29 mai au matin...

Mais oui...

Je crois ce que me disent Jean-Yves et Gabriel.

Parce que, eux, ils ne sont pas pollués par les médias.

Et puis ceux qui brament qu'ils ont la mémoire qui flanche...

Ceux-là mêmes supporteraient-ils de ne pas être crus sur les dires de leur père et grand-père.

Liliane Langellier

P.S. Merci à Bruno Lombardo, du 106 rue de Brest, pour m'avoir précisé que la famille Seznec dépendait de la paroisse Saint-Mélaine à Morlaix.

 

 

Morlaix. Ecole Saint Joseph.

Morlaix. Ecole Saint Joseph.

Morlaix. Ecole Saint Joseph. Cour de récréation.

Morlaix. Ecole Saint Joseph. Cour de récréation.

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M
Bonjour, Liliane. En ce beau jour de la Saint-Yves, un verre de la limonade du père Yves Berlivet s'impose.

Pour l'heure du lever du soleil le 28 mai 1923 à Morlaix, c'était 5h22 heure d'été, donc 4h22 (GMT) pour Angèle et Marie-Jeanne, qui n'avaient visiblement pas encore changé d'heure. Ce qu'elles disent colle donc parfaitement ("vers quatre heures ou quatre heures et demie").

Denis Seznec et Denis Langlois ont fait du roman à partir de la déclaration de Guillaume Seznec à La Dépêche de Brest. Dans sa déposition du 28 juin, il dit "vers trois heures du matin".
Répondre
M
Bonjour, Liliane.

Le soleil se lève beaucoup plus tard à Morlaix qu'à Paris. Il y a 30 minutes d'écart entre Paris et Brest.

Le 28 mai, le soleil se lèvera à 5h54 à Paris, mais seulement à 6h24 à Brest, c'est-à-dire à 4h24 GMT. En 1923, l'heure officielle était GMT jusqu'au 26 mai à 23 heures, mais on voit bien que les gens n'ont pas tous ajusté montres et horloges ce soir-là.
L
Je ne suis pas d'accord...
Mais pas de soucis, je ferai l'expérience dimanche prochain.