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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 700 articles.

Affaire Seznec : les toutes premières déclarations de Marie-Jeanne à la presse...

C'est une belle chose d'être honnête, mais il est également important d'avoir raison.
Winston Churchill.

 

Revenons aux premières déclarations de Marie-Jeanne Seznec à la presse.

Oui, ça a dû être horrible pour elle !

En sachant ce qu'elle savait.

Mais c'était une sacrée bonne femme, la Marie-Jeanne.

Et elle a tenu tête à tout ce beau monde.

Chapeau !

Car l'émancipation des femmes en 1923, c'était pas ça, mais pas ça du tout !

Là on est en plein dans le célèbre KKK du Troisième Reich allemand.

Kinder, Küche, Kirche

(enfants, cuisine et église).

 

 

Alors Marie-Jeanne, déjà qu'elle était mal vue de ses charmantes voisines...

Parce qu'elle avait travaillé.

Et travailler dur à Brest.

Dans le blanchissage des capotes militaires.

Alors...

C'est sûr, là, les mauvaises langues vont se déchaîner.

Souvenez-vous du livre de Michel Kériel "L'impossible réhabilitation" en pages 100/101 

"En d'autres termes, si on peut faire toutes sortes de saloperies imaginables - n'oublions pas ici que nous venons de sortir de la Der des Der et qu'il est possible, par toute sorte de trafic, de se faire de l'argent facile -, il ne faut au grand jamais donner prise à quelconque critique.

Pourtant les Seznec ne parviennent pas (mais en font-ils l'effort ?) à se couler dans ce moule. A Morlaix, ils ne sont guère appréciés.

Seznec, outre une réputation de volontiers coureur, est vindicatif et au besoin violent. Il est aussi, à l'occasion, un tantinet voleur : ne dit-on pas que si un client de la scierie ne prend pas garde à exiger un reçu de sa livraison de bois, Seznec est connu pour ne pas hésiter à essayer de le faire payer deux fois...

Marie-Jeanne, quant à elle, est réputée passer le plus clair de son temps allongée à lire des revues en sirotant du Byrrh (sa boisson favorite) et grignotant des petits gâteaux secs sucrés. (...)

Nous sommes, admettons-le, quelque peu éloignés de la vision doucereusement idyllique - trop abondamment véhiculée par les précédents auteurs pour le moins partisans - d'un bon père de famille foncièrement honnête et travailleur, efficacement épaulé par une gentillette petite femme toute dévouée à ses enfants."

Keriel avait eu accès, via Bruno Gestermann, le proc de Quimper, au dossier Seznec.

un grand pote à moi Bruno...

Que voulez-vous, j'ai un faible pour les procs   😉😍😉

Et j'en connais au moins trois qui me lisent attentivement...

Mais il avait aussi fait une enquête "toute personnelle" sur place.

A Plomodiern.

La toute première fois où elle s'exprime, Marie-Jeanne, c'est dans l' Ouest-Eclair du 27 juin :

"Madame Seznec nous a aimablement reçus. Elle ne sait rien de plus que ce qu'a relaté fidèlement l'Ouest-Eclair. C'est son mari qui a vu le dernier M.Quémeneur dont il était le grand ami et qu'il estimait fort.

"Nous ne savons pas, dit-elle, quelle somme il possédait sur lui. S'il a été tué, c'est par quelqu'un qui devait le connaître encore mieux que nous. Nous sommes profondément affectés de tout ce malheur. Si mon mari avait fait route sur Paris avec M.Quéméneur, il aurait certainement partagé son sort."

Mme Seznec nous fait remarquer en terminant que lorsqu'il était parti, M. Quémeneur avait laissé prévoir une absence d'un mois."

Vous remarquerez, que Marie-Jeanne, implicitement envoie les journalistes et les enquêteurs vers Houdan/Dreux.

Laissant penser que Pierre Quémeneur a été tué sur la route de Houdan/Paris.

Mais elle précise aussi que Quémeneur avait prévu de s'absenter pendant un mois.

Malin. Très malin.

 

Dans La Dépêche de Brest du 29 juin 1923 :

"(...) on retrouve sur toutes les lèvres la même question.

- Pourquoi M. Seznec, se trouvant à Dreux, c'est-à-dire à 80 kilomètres de Paris, a-t-il jugé plus pratique de rebrousser chemin pour regagner Morlaix, c'est-à-dire de faire à nouveau 480 kilomètres ?

A cela, nous avons déjà fourni sommairement la réponse de l'intéressé ; mais nous croyons utile aujourd'hui de la donner complète. Nous l'avons reçue de nouveau hier de Mme Seznec et elle confirme pleinement ce que nous avait indiqué son mari dès le premier jour :

- Mon mari n'a pas voulu poursuivre son chemin vers Paris après avoir quitté M. Quémeneur à Dreux, après la dernière panne qui l'immobilisa pendant la nuit, à une dizaine de kilomètres de toute habitation, il ne pouvait songer à présenter la voiture à un acquéreur dans cet état ; d'autant moins qu'elle était la première de celles que nous devions livrer.

Certes on pouvait la faire réparer à Paris, mais nous étions fixés depuis déjà longtemps sur les habitudes de certains garagistes parisiens. Nous l'étions d'autant mieux que nous avons dû, il n'y a pas très longtemps, laisser ainsi à Paris depuis un an environ, une limousine Westinghouse en parfait état. Lorsqu'on nous l'a rendue, la carrosserie ne se reconnaissait plus, tellement on s'en était servi. 

De plus nous avons dû payer 2.400 francs de garage, et 600 francs environ de transport. C'est pour éviter le renouvellement de semblables faits que mon mari a préféré rentrer à Morlaix, en dépit du mauvais état du véhicule. 

Et Mme Seznec nous présente la Cadillac qui fait aujourd'hui l'objet de tant de conversations. On répare en ce moment ses multiples avaries : coussinets fondus, etc. Comme elle a roulé à plat, depuis Le Ponthou jusqu'à Morlaix, la jante droite avant est complètement usée. 

- Mon mari, à son retour, ajoute notre interlocutrice, avait les mains dans un état lamentable, tant il avait dû faire d'effort pour mener à bien les innombrables réparations entreprises entreprises en cours de route."

 

 

Une propriété payée en or

La famille Quémeneur, dit un télégramme venu de Paris, élève des doutes au sujet de certaines inscriptions du carnet et surtout au sujet d'un acte sous seing privé en date du 22 mai, et signé Quémeneur et Seznec. Cet acte concerne la vente d'une propriété. 

Nous avons soumis ce télégramme à Mme Seznec, qui nous a exposé ce qui suit :

- Je me plaignais depuis déjà longtemps d'habiter Morlaix à cause surtout des injustices qu'on faisait subir à mon mari. Comme je le faisais devant M. Quémeneur, qui fréquentait notre maison où il couchait lorsqu'il venait à Morlaix, il me dit un jour :

- Pourquoi donc n'achetez-vous pas la propriété que je possède à Plourivo dans les Côtes-du-Nord ? Elle est très bien située et comporte environ 90 hectares de terrain.

Je savais, par lui-même, que M. Quémeneur avait coupé une partie importante de cette propriété et qu'il en avait tiré pour 100.000 francs environ de poteaux de mines ; aussi nous discutâmes le prix.

Vers la fin d'avril, mon mari et moi, nous accompagnions M. Quémeneur à sa propriété, qu'il tenait à nous faire visiter. Elle nous plut. Mais la somme qui nous était demandée nous paraissait trop forte.

 Depuis longtemps déjà, de son côté, notre ami eut bien voulu que nous lui cédions des dollars en or que j'avais amassés alors que je blanchissais à Brest le linge des hôpitaux et celui des Américains. J'avais ainsi mis en réserve 19 pièces de 20 dollars et 206 pièces de 10 dollars, mais je ne voulais m'en séparer à aucun prix.

Pourtant, pour obtenir la propriété désirée, je me voyais contrainte de m'y résoudre.

- Quand vous aurez vu la propriété, me répétait M. Quémeneur, vous vous déciderez certainement à vous séparer de votre or.

Il avait vu juste. En effet, après la visite faite à Plourivo, je me décidai. Le prix convenu devait être représenté par les dollars, plus une somme de 35.000 francs. Pourtant, afin d'éviter les frais d'enregistrement, on résolut de ne point mentionner les dollars dans l'acte de vente. 

Et voilà pourquoi le 22 mai mon mari, portant l'or dans une boîte de carton, se rendait à Brest où il passait marché avec M. Quémeneur. Celui-ci, après accord décidé dans un café, se rendit chez un ami du voisinage où il fit taper à la machine les deux formules ; puis à la main, il ajouta : "Lu et approuvé, fait en double le 22 Mai 1923", et tous deux signèrent .

M. Quémeneur  a-t-il emporté les dollars à Paris ? Voilà ce qu'il serait important de savoir !"

Dans cet article de presse, nous avons toute la trame de l'affaire Seznec.

Vous remarquerez, que Marie-Jeanne, implicitement envoie les journalistes et les enquêteurs vers Houdan/Dreux.

Marie-Jeanne vante les qualités de son mari.

Mais elle ne manque pas d'aplomb quand il s'agit de raconter l'épisode des (fausses) promesses de vente.

Elle raconte aussi avec beaucoup d'aplomb l'histoire des dollars or.

Dont elle donne une description très précise.

"J'avais ainsi mis en réserve 19 pièces de 20 dollars et 206 pièces de 10 dollars, mais je ne voulais m'en séparer à aucun prix."

Oui, je sais, je sais...

Tout ça elle le fait par amour de son Guillaume qui se laisse emprisonner à sa place.

Mais les Seznec, ils ont établi une version inoxydable...

Qui nous fait encore ramer aujourd'hui pour trier le vrai du faux.

Mais "inventée" la version, je vous dis...

Inventée !

Liliane Langellier

P.S. Je reconnais que c'est un peu ambiguë la position des petits-fils.

Ils me font des révélations pour que je les écrive sur mon blog.

Parce que je suis la seule à m'être souciée d'eux dès le printemps 2015.

Et que mon blog crève l'écran avec plus de 25.000 visiteurs depuis l'affaire des fouilles.

J'écris donc très rapidement le premier billet

"Lundi 26 Mars : enfin la vérité dans l'affaire Seznec".

Que Jean-Yves approuve immédiatement..

Et il approuve aussi le fait que je le publie illico.

Mais ils ne veulent absolument pas être médiatisés.

Alors que de nombreux journalistes lisent mon blog.

A commencer par mon beau-frère Jean-Pierre Langellier, ancien grand reporter du journal Le Monde.

Et d'autres journalistes d'investigation.

Tant de la PQR (Presse Quotidienne Régionale) que de la presse parisienne.

Sachez-le !

En bonne journaliste, je leur ai écrit dès le 26 Mars un brouillon de dépêche AFP aux petits-fils.

Pour que tous les médias soient prévenus en même temps.

Mais ils n'ont pas souhaité y donner suite.

Et, ça, c'est leur droit le plus strict.

 

P.S. 2 Bien sûr que je vais maintenant écrire mon propre ouvrage sur l'affaire Seznec.

Malin, Denis l'avait compris et il l'a dit à mon pote à Gueltas.

Même si nous ne sommes pas d'accord sur de nombreux points, il sait reconnaître la somme de mon travail.

Quant à Gabriel Seznec, c'est lui qui m'a poussée à le faire.

Evoquant une préface qu'ils pourraient rédiger pour attester mes dires.

Je réfléchis simplement à un titre qui ne soit pas aussi ronflant que les titres des derniers ouvrages "Nouvelles révélations" "Pour en finir..."

Et je penche, pour l'instant pour "La petite journaliste de Seznec".

Ainsi je pourrai tordre le coup aux mauvaises rumeurs balancées contre moi sur un certain blog.

Et raconter le vécu de la seule femme journaliste sur l'affaire Seznec.

Au milieu de tous ces gros machos.

Joli programme !

 

P.S. 3 Cet article est le 44ème article publié sur ce blog depuis le lundi 26 Mars dernier.

Plus j'avance, plus je trouve que tout colle avec la dernière version des petits-fils.

Alors, à suivre...

 

P.S. 4 Difficile à illustrer cet article.

Car, et je le rappelle, il n'y a que quatre photos de Marie-Jeanne Seznec.

Qui illustrent bien le parcours de cette femme :

Celle en jeune fille,

Celle de son mariage,

Celle avec ses quatre enfants,

Celle à  la fin de sa vie.

Déposition de Jenny Quémeneur, la soeur de Pierre Quémeneur. Devant elle, assise, Marie-Jeanne Seznec. in Langlois.

Déposition de Jenny Quémeneur, la soeur de Pierre Quémeneur. Devant elle, assise, Marie-Jeanne Seznec. in Langlois.

Marie-Jeanne Seznec jeune.

Marie-Jeanne Seznec jeune.

Marie-Jeanne Seznec le jour de son mariage.

Marie-Jeanne Seznec le jour de son mariage.

Marie-Jeanne Seznec et ses 4 enfants.

Marie-Jeanne Seznec et ses 4 enfants.

Marie-Jeanne Seznec bonne à Paris.

Marie-Jeanne Seznec bonne à Paris.

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S
Bonjour Madame Langellier

La photo que j'ai mise sur mon blog ne serait pas vraie ?
Et celle ou elle est dans la salle d'audience avec Angèle Labigou, pendant une suspension ?

Je n'avais jamais remarqué qu'il y en ait si peu.

Si j'avais choisi celle-ci, c'est à cause des lunettes noires qui illustraient assez bien mon propos.

Bien à vous
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L
Bonjour Skeptikos.
J'ai écrit quelque part que "votre" photo n'était pas vraie ?
Je suis allée vérifier ce matin sur Le Matin du 7 juillet 1923.et je pensais avoir rectifié le tir dans cet article.
Mais, j'ai des soucis avec Overblog qui a de fréquentes petites pannes.
Je ne lis nulle part vos compliments pour mes ambitions littéraires.
Un oubli sans doute ?
A
Chère Liliane,

En effet, "Dans cet article de presse, nous avons toute la trame de l'affaire Seznec"
Je remarque, d'abord, "M.Quémeneur dont il était le grand ami et qu'il estimait fort.".
Ce n'est pas ce que disait Petit-Guillaume, mais passons : il était pensionnaire et ne pouvait savoir, au jour le jour, ce qu'étaient les relations des deux hommes.
"Si mon mari avait fait route sur Paris avec M.Quéméneur, il aurait certainement partagé son sort."
Oui, Marie-Jeanne oriente le(s) journaliste(s) vers la piste Dreux/Houdan.
Mais c'est contradictoire : Quemeneur n'a pas pu être agressé sur la route, puisqu'il l'avait quittée. A ce stade, peu importe d'ailleurs que ce soit Houdan (impossible), Dreux (peu probable, sauf peut-être à imaginer qu'il ait pu prendre un train pour Le Mans et revenir cette même nuit à Paris), ou Versailles.
Car Quemeneur n'a pas été tué dans un train.
Donc les déclarations de Marie-Jeanne, si finaudes soient-elles, ne tiennent pas vraiment la route.
Leur conséquence, en tous cas, est, non pas vraiment d'écarter la "piste bretonne", mais d'éviter un éventuel passage de Quémeneur le samedi à Paris (Brégué, Le Her, etc.)
Prises au mot, les déclarations de Marie-Jeanne accréditeraient plutôt... la piste de Lormaye...
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M
Bonjour, Liliane. Pas seulement quatre photos, car vous nous en montrez cinq (dont trois en studio). Il y a également celle, intéressante, que Skeptikos a mise sur cet article : http://affaire.de.cadillac.over-blog.com/2018/04/ca-n-a-rien-de-nouveau-mais-bon.html.

Je n'aime pas tellement celle où elle est entourée de ses enfants. Les deux photos de jeunesse ont nécessité un temps de pose très long (c'est d'ailleurs pour ça que les gens se tenaient à un meuble, sur ces photos), donc son visage est un peu figé. Par contre, sur la dernière, à Paris, elle a un regard désespéré et touchant.
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