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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 880 articles.

Affaire Seznec : Un dimanche ? Mais quel dimanche ?

Ce n’est pas tous les jours dimanche.
Proverbe québécois

Oui.....

C'était un dimanche ?

Pourquoi un dimanche ?

Juste parce que Petit Guillaume ne sortait de pension que le dimanche.

Et qu'il est le principal témoin dont nous essayons de fixer les dires aujourd''hui.

Deux dimanches en cette fin Mai 1923 :

- Le dimanche 20 Mai 1923 : Dimanche de Pentecôte,

- Le dimanche 27 Mai 1923 : Dimanche de La Trinité.

 

 

C'est Marco qui a fait le job...

Il l'avait glissé dans les commentaires...

Mais je pense que ce travail mérite bien un billet de ce blog à lui tout seul !

Laissons donc la parole à Marco :

D’après ce qu’on sait des dires de Petit-Guillaume, la mort de Quéméneur serait survenue un dimanche (seule journée où il est à la maison)

Ce dimanche ne peut être que le 20 ou le 27 mai.

 

La date du dimanche 20 mai se heurte aux témoignages suivants.

Jenny Quéméneur
Les 21, 22, 23 et 24  

 Accompagne son frère le 21 voir son beau-frère Me Pouliquen à St Sauveur puis revient avec eux à Landerneau. Est témoin de l’appel de Seznec. Le 22, reçoit Seznec pour dîner le soir. Le 23, prépare ses affaires notamment un costume qui ne sera pas retrouvé. Le 24, voit partir Quéméneur pour Rennes.  

 Procès-verbal du 26 juillet 1923. 

Jenney Quéméneur n’a aucune raison de mentir. Peut-elle se tromper de date ? c’est possible mais il est difficile d’imaginer qu’elle se trompe à la fois pour St Sauveur et pour la venue de Seznec.


Pélagie Caradec
Les 22, 23 et 24 
   Bonne de Jenny et Pierre Quéméneur.

Voit Seznec et Quéméneur partir le 22 et revenir, décrit leur tenue, est affirmative sur l’absence de boîte (dollars) et note qu’il n’y a rien dans le pardessus de son patron. Confirme les dires de Jenny sur les autres points.    

Procès-verbal du 17 octobre 1923.

Mêmes remarques que pour Jenny Quéméneur.

Emile Lombard
Le 22    Propriétaire de l’hôtel des voyageurs à Brest.

Confirme que Seznec et Quéméneur, qu’il connaît tous deux, ont déjeuné à son établissement et sont partis vers 13h30.    

Procès-verbal du 4 octobre 1923. 

N’a aucun lien avec l’affaire. Peut se tromper de date.

Gabriel Saleun
Le 22    Fondé de pouvoir d’une banque. Refuse d’accorder un prêt.    

Procès-verbal du 28 juin 1923.

Témoignage indiscutable et ne pouvant se tromper de date si n’est pas complice.

Jean Le Verge
Le 22    Promet de vendre une voiture que Quéméneur, qu’il connaît, et Seznec viennent essayer à Lesneven, à 17 km de Landerneau.    

Procès-verbal du 2 août 1923.

N’a aucun autre lien avec l’affaire si ce n’est le malheur d’être propriétaire d’une Cadillac. La réalité de ses dires est attestée par la promesse autographe de Quéméneur. L’erreur sur la date est possible mais suppose que Quéméneur antidate (pourquoi le ferait-il?) et que Le Verge se trompe.
 

Julien Legrand

Le 22    Escompte une traite de Seznec puis reçoit Quéméneur le soir.    

Procès-verbal du 27 juin 1923.

Ne peut se tromper de date, il porte lui-même celle-ci sur la traite. Indiscutable si pas complice.

Secrétaire de la mairie de St Laurent
Le 21    Reçoit la visite de Quéméneur le 21 au soir pour préparer le Conseil du 24 où Quéméneur doit intervenir sur une question de chemins.    

« La Dépêche de Brest » du 29 juin 1923.

N’a aucun rapport avec l’affaire, témoignage indiscutable et date indiscutable aussi.

Jean-François Abgrall
Le 24    Maire de Saint Sauveur.

Fait patienter le conseil le 24 en attente de Quéméneur qui doit intervenir puis débute la séance par d’autres points. Voit arriver à dix heures par porteur une lettre d’excuses de Quéméneur datée du jour même et comportant le détail de la question des chemins. Le maire lit alors la lettre au Conseil.  

 « La Dépêche de Brest » du 29 juin 1923.

N’a aucun rapport avec l’affaire, témoignage indiscutable : qui, à part Quéméneur, connaît dans le cercle de l’affaire les questions de chemins ruraux de Saint Sauveur ? d’autre part M. Abgrall connaît l’écriture de Quéméneur, voir Rouz.

René Dupuis
Le 24 mai   Propriétaire de l’hôtel parisien, à Rennes, connaît Quéméneur qui a ses habitudes chez lui notamment pour y traiter ses affaires dans les salons fournis à cet efet (habitude chez Quéméneur, voir Rouz).     

Procès-verbal du 1er juillet 1923.

Indiscutable si n’est pas complice, mais quel serait son intérêt ?

Deux messieurs amis du journaliste de l’Ouest Eclair    

Prennent l’apéritif avec Quéméneur (rencontre fortuite) puis avec lui et Seznec. Parlent de mécanique mais en aucun cas de vente de voitures. Recommandent à Quéméneur et Seznec l’hôtel de Bretagne à Pré-en-Pail s’ils ont un jour à faire halte entre Rennes et Paris.    Ouest Eclair du 8 juillet 1923.

Témoignage peu probant car il y aurait pu y avoir substitution de personne concernant Quéméneur. 

Intéressant tout de même car connus du journaliste et faisant un portrait surtout psychologique de Quéméneur proche de ce qu’on sait de lui.

D’autre part, Petit-Guillaume nous déclare qu’Angèle Labigou était là.

Or, elle était dans sa famille à la suite du décès accidentel de son frère du 15 au 23 mai.

Procès-verbal du 30 juin 1923.

Marco

Attention !

Je le dis et le re-dis :

Jamais les fils de Petit Guillaume ne m'ont donné de date précise.

Ils ont juste rapporté les propos de leur père :

"Ce n'était pas à la date officielle..."

Si l'on considère que la date officielle était la nuit du vendredi 25 au samedi 26 Mai 1923...

Et que tout cela s'est déroulé le dimanche 27 Mai 1923.

Et oui...

Et oui, ça le fait !

Liliane Langellier

 

P.S.  Avec les nouvelles révélations de Jean-Yves et Gabriel Seznec, on relit différemment l'article du Petit Breton du 2 décembre 1923 (voir ci-dessous)

C'est quoi cette histoire des deux soeurs de Mlle Quémeneur qui habitent Guiclan ?

Parle-t-on là des soeurs qui ont épousé les deux frères ?

Et que l'on retrouve dans la liste des 7 ayant-droits de décembre 1925 (jugement déclaratif de décès) ?

Louis Quéméner, négociant en bois, demeurant à Landerneau
Melle Jeanne Quéméner, célibataire majeure, demeurant à Landerneau
Marianne Marie Yvonne Quéméner épouse de François Péron à Guiclan
Madame Philomène Quéméner épouse de Yves Péron, à Guiclan

Mr Henri Quéméner, religieux à la Trappe de Thimadeuc
Mr Yves Quémener demeurant à Paris
Mme Marie Anne Quéméner épouse Pouliquen à Pont l’Abbé."

C'est quoi cette histoire de soudoyer le juge d'instruction ?

P.S. 2  Merci à toutes et à tous pour les 2.526 visiteurs et les 8.273 pages vues avec 17 billets publiés en 15 jours 💪💋💪💋💪💋

 

 

Plaque "A la mémoire de Pierre Quéméner". Dans l'église de Saint Sauveur. Disparue depuis incendie.

Plaque "A la mémoire de Pierre Quéméner". Dans l'église de Saint Sauveur. Disparue depuis incendie.

in Le Petit Breton du 2 décembre 1923.

in Le Petit Breton du 2 décembre 1923.

in Le Petit Breton du 2 décembre 1923.

in Le Petit Breton du 2 décembre 1923.

in Le Petit Breton du 2 décembre 1923.

in Le Petit Breton du 2 décembre 1923.

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M
Un point complémentaire concernant le retour.<br /> Le trajet de Seznec les 26 et 27 est clairement établi jusqu'à Vitré, les témoignages et l'enquête de police recoupant les dires de Seznec.<br /> Il est à Vitré vers 13h30 et y est brièvement arrêté. Le fait est confirmé.<br /> Il repart et dit avoir eu une longue panne avant Rennes (quatre heures) et être arrivé en fin de nuit.<br /> S'il gardait sa moyenne (hors pannes) de 20 km/h calculée par Thierry sur des bases confirmées, il lui faudrait onze heures pour être à Morlaix, soit quinze heures avec la panne, et donc une arrivée vers 4h30, ce qui correspond bien à ce qu'il dit et que confirme Angèle Labigou.<br /> Une autre hypothèse serait qu'il n'ait plus de problème depuis Vitré et roule vite et bien. Marc a en tête, je pense, les remarques de Rennes qui disent qu'en sept heures une Cadillac peut faire la distance. Cela fait du 50km/h. <br /> Il me semble que quand les Rennais disent cela, et la phrase de l'article va dans ce sens, ils suggèrent que la Cadillac est une voiture rapide, ce qui n'est pas le cas de celle de Seznec. Cette voiture "tire dur" par défaut de ses pièces, dit Samson. Elle a les bielles fondues à l'arrivée. On voit mal, dans ces conditions, comment elle pourrait subitement se transformer et devenir véloce et ne connaître aucune panne alors qu'elle les a accumulées et que, quand elle n'était pas arrêtée, elle se traînait.<br /> Un autre argument milite contre une arrivée à Morlaix vers 18h30 le 27 : la Cadillac a le pneu droit complètement à plat. Le dimanche en fin d'après-midi, il y a du monde dans Morlaix, la télévision n'existe pas en 1923. Nul ne l'a vu passer dans un tel état. De plus, s'il est difficile d'avoir de l'aide à 4h du matin, c'est plus simple à 6 h du soir.<br /> Enfin, dernier point : le 28 au matin, il dort, il est épuisé, ses ouvriers en témoignent, sa voiture est garée de façon tout à fait inhabituelle.
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L
Pour la Cadillac, et ses pannes, c'est encore bobards and co...<br /> Car, pour les petits-fils, elle roulait normalement.<br /> Et oui, pour accepter leur version, il faut savoir faire abstraction de tout ce qui encombre les nôtres.
L
Bonjour Marco !<br /> Pour élaborer votre scénario, vous piochez dans les différents témoignages...<br /> Je rappelle que Guillaume Seznec a fait 2 voyages Morlaix/Paris/Morlaix dans le but très précis d'égarer les dits témoins...<br /> Et la police.<br /> Avez-vous connu votre grand père ?<br /> Si oui, vous vous souvenez pertinemment de ce qu'il vous a raconté (c'est mon cas).<br /> Tout ça pour dire que je pense plus importants les témoignages de Jean-Yves et Gabriel que ceux des témoins divers et variés qui ont été embrouillés jusqu'à plus soif.
M
Bonjour, Liliane. Vous demandez : "C'est quoi cette histoire de soudoyer le juge d'instruction ?" Ce dernier paragraphe est ambigu mais je crois qu'il n'est pas question de cela. Selon Marie Jeanne, Quéméner a prêté une somme d'argent à quelqu'un, mais elle ne dit pas quelle somme aux journalistes, elle ne la dira qu'au juge d'instruction. Comme "à quelqu'un" n'est pas précisé, on pourrait penser que c'est au juge d'instruction que la somme a été prêtée, mais c'est sûrement une maladresse d'expression.<br /> <br /> Est-ce la somme énorme prêtée par Quéméner à Pouliquen ? C'est déjà un fait connu du public à l'époque, non ?
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M
En effet, Alain. La virgule aurait suffi.
A
Oui, Marc, ou une maladresse d'impression. Il suffit de rajouter une virgule après "somme".<br /> "...prêté une certaine somme, dont elle se réserve de déclarer le montant à M. le Juge d'Instruction"
M
Et toujours, dans cette très intéressante plaidoirie Lamour, la référence au garçon de café Pansel, de l'hôtel des voyageurs, qui déclare que Quéméneur comptait des billets de banque (ce qui n'est pas illogique vu qu'il sortait de les retirer à sa banque). Pour mémoire, les garçons Pansel et Boulic parleront ensuite de dollars. Cela fait donc un témoin de plus.
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M
Vous avez raison, Liliane, c'est pour cela que je ne mets pas cette information sur le même plan que celle concernant la banque, là il s'agit de pièces cotées, de pièces de la procédure. Je me souvenais que le fondé de pouvoir n'avait pas agi seul.
L
Oups Marco...<br /> Vous savez que l'on ne peut pas prendre pour argent comptant la plaidoirie de Lamour...<br /> Je doute fort de cette scène au café brestois...<br /> C'est la légende dorée de l'affaire Seznec...<br /> Pas la bible !<br />
M
Voici, en complément, chère Liliane, l'extrait de la plaidoirie de Me Philippe Lamour qui montre que deux personnes de plus ont vu Quéméneur le 22 mai, et on peut difficilement imaginer que tout ce monde soit de mèche (de K. est le directeur, S. nous connaissons et D. est le secrétaire). Ph Lamour nous parle du trafic de Cadillac.<br /> <br /> <br /> Il y a mieux. Quémeneur en a tellement parlé qu’il a demandé pour elle un crédit à la Société Bretonne de Crédit, à Brest. Dans son grand enthousiasme, il va trouver M. Salaun et le directeur, M. de Kernival, et il leur communique sa conviction : « Affaire magnifique, j’ai besoin de 150.000 frs. » Pourquoi ? Pour l’affaire des Cadillac qu’il leur expose tout au long. (Cotes 310 et 403, 312 et 73 du supplément d’information, 313 et 70 bis du supplément d’information et cote 72 du supplément d’information)<br /> Mais ces hommes d’expérience, après cet exposé, sont beaucoup moins emballés que lui. On lui refuse les 150.000 frs qu’il demande. On lui donne 10.000 francs pour ne pas lui faire de peine et parce que c’est un bon client jouissant d’un bon crédit. On lui refuse 150.000 francs parce qu’il a parlé de l’affaire de Cadillac et que les dirigeants ont senti que c’était une affaire suspecte dans laquelle ils ne voulaient pas engager leurs fonds.<br /> Trois dépositions : Kernival, Salaun et Draeger, directeur et employés de cette banque, témoignent de la réalité de ce fait : Quémeneur avait besoin de 150.000 francs pour une affaire de Cadillac.
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M
Concernant le directeur, "M. de Kernival", il n'existe que chez Lamour. C'était peut-être Kérinval ou Kéranval. On dirait bien que Lamour a confondu le directeur et l'employé, d'ailleurs, parce que Dreyer était à la tête de la Société Bretonne de Crédit en 1933 au moment d'un gros scandale bancaire.
L
C'est lamentable ce combat d'egos entre les deux Denis...<br /> Langlois et Seznec...<br /> Et complètement contre-productif.
M
Lamour aurait peut-être été un bon défenseur pour Seznec, mais il a tout de même un peu de mal avec les promesses de vente. C'est sûr qu'elles représentent une tâche ardue pour un défenseur de l'innocence absolue. C'est pourquoi Denis Langlois a préféré accepter cet aspect du dossier et contester uniquement le meurtre. Mais la plaidoirie de Lamour, elle est ce qu'elle est, c'est-à-dire une tentative d'impressionner des juges, avec beaucoup d'émotion, des imprécisions tout en essayant de passer pour ultra-précis. Elle ne tient pas vraiment la route à tête reposée, et même en direct, il a perdu, finalement. Son truc, en schématisant, c'est : il y a 99 éléments de preuve contre Seznec (nombre au hasard, je précise), et je vais vous prouver que chacun d'entre eux peut être mis en doute. D'accord, mais il y en a tout de même 99. La fameuse présomption d'innocence des mis en examens, mais il se trouve que moi, je ne suis pas mis en examen dans une dizaine d'affaires de corruption, et que la présomption d'innocence est quand même plus forte chez moi que chez ceux qui le sont. Pour Seznec, il y a une très forte présomption de culpabilité, il existe une vraie possibilité pour que ces 99 points contre lui soient tous véridiques. Des effets de manche et de l'éloquence ne suffiront pas à renverser une intime conviction de sa culpabilité. Il faut beaucoup plus que ça. Il faut des éléments déterminants. L'avantage de Denis Langlois par rapport à Denis Le Her, dans cette bataille à coup de "je compte déposer une requête en révision, la dernière, la bonne", c'est que Denis Langlois n'a peut-être plus que 33 points à contrer.
M
Cher Marc, vous avez absolument raison sur les questions de précision. Notons que Bernez Rouz, dans son ouvrage, n'a pas vocation a entrer autant dans le détail que nous : il donne une excellente vision générale de l'affaire, notamment grâce au volet sur les trafics de voitures qui se déroulent auparavant, cela change le regard.<br /> Pour les noms, la question de la transcription se pose et intervient aussi le fait que la plaidoirie est orale. Qui de Langlois ou Lamour a raison ? je ne sais. Il faudrait retrouver une interview de Saleun, il doit bien parler de son chef.<br /> En fait, Lamour a très sérieusement travaillé, après il utilise les choses comme cela l'arrange, c'est de bonne guerre. Le seul point où il est vraiment en défaut concerne la poste restante.
M
La transcription de la plaidoirie Lamour qui circule contient beaucoup d'erreurs, surtout dans les noms. Salaun ou Salaün selon les uns et les autres s'appelait en fait Saleun (Liliane a publié son registre matricule sur ce blog). Et Denis Langlois nous dit que le directeur s'appelait Dreyer (et c'est à lui que Saleun doit demander l'autorisation), donc ça doit être ce "Draeger". Par contre, qui est le véritable directeur ? De Kernival ou Dreyer ? Il est vraiment regrettable que la recherche de la précision n'ait vraiment commencé dans cette affaire qu'en 2006 avec Bernez Rouz, et encore, même son livre est truffé d'erreurs, donc les autres, vous pensez !