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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 880 articles.

Affaire Seznec : Les dates de Mai 1923

Hâtez-vous lentement, et, sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage :
Polissez-le sans cesse et le repolissez ;
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.
Nicolas Boileau

Il faut tout reprendre.

Date par date.

Pour savoir très exactement qui nous a fixé les dates.

Je travaille principalement avec l'ouvrage de Bernez Rouz.

Parce que, Bernard, lui, il ne sert aucune cause.

Il essaye juste d'écrire comme un journaliste historien.

Avec les distances aux faits nécessaires.

 

Le Dimanche 20 Mai 1923

"J'avais passé les fêtes de la Pentecôte, c'est-à-dire les journées des 20 et 21 mai, en compagnie de M.Quemeneur, mon beau-frère. Le dimanche 20 mai nous avions quitté Landerneau vers midi pour aller aux courses de Commana. M. Quemeneur est rentré le soir même à Landerneau, tandis qu'avec ma femme et mes enfants, je restais à Saint-Sauveur où il y avait fête le lendemain."

(Rouz page 80)

C'est bel et bien Jean Pouliquen qui nous raconte tout ça.

On est à20 h 30 Guillaume Seznec appelle.

C'est toujours Jean Pouliquen qui raconte.l'automne 1923.

Guillaume Seznec est en taule.

Il attend son procès.

Le Lundi 21 Mai 1923

Jean Pouliquen, Jenny Quémeneur et Pierre Quémeneur arrivent à Landerneau vers 20 heures.

A 20 h 30, Guillaume Seznec téléphone.

C'est toujours Pouliquen qui nous l'apprend dans sa primo-enquête.

Seznec téléphone pour donner rendez-vous à Pierre Quémeneur le lendemain à Brest.

Guillaume Seznec confirme ces dires dans la confrontation Pouliquen-Seznec du 28 juin devant le commissaire Vidal.

Le Mardi 22 Mai 1923

Là on a un troisième personnage qui intervient dans notre pièce : Julien Legrand.

Je suis plus que réservée sur Legrand.

Donc c'est Legrand qui confirme que Quémeneur attendait bien Seznec en bas de chez lui.

Les deux hommes arrivent à Brest.

C'est Guillaume Seznec qui raconte devant le commissaire Cunat (Rennes) le 26 juin 1923, que Quémeneur lui aurait dit de ne pas changer ses dollars.

Pierre Quémeneur va voir son banquier Gabriel Saleun à la Société bretonne de crédit et de dépôt.

Pour lui demander 100.000 Francs.

Qui lui sont refusés.

(Déposition de Gabriel Saleun le 28 juin 1923).

Pendant ce temps, Guillaume Seznec a rencontré Me Vérant au bas de la rue de Siam.

Curieuse rencontre dont Jean Vérant ne témoignera que le 5 novembre 1923.

"C'est à la terrasse du café, selon le maître de scierie que la vente de Traou Nez se serait conclue"

(Rouz en page 64)

"Selon le maître de scierie" = la version de Guillaume Seznec.

"Dans une deuxième version des faits, Seznec dira au juge Campion que c'est dans la Panhard entre Brest et Lesneven qu'il remit les dollars à Quémeneur."

(Rouz en page 65)

Deux versions.

Guillaume Seznec donne 2 versions de l'acte le plus important de toute cette histoire !

La remise des dollars en échange de la promesse de vente de Traou Nez.

Les deux zèbres vont à Lesneven chez Le Verge acheter une voiture.

Attention !

Aucun témoin ne signale la présence des dollars or.

Ni Legrand, ni Quémeneur, ni Me Vérant, ni le directeur de L'Hôtel des Voyageurs à Brest, ni Pélagie Caradec, la bonne des Quémeneur.

Dans sa déposition du 2 août 1923, Le Verge est-il bien sûr de la date?

Donc on a Legrand, Saleun, Vérant et Le Verge comme témoins.

Le 22 mai au soir Quémeneur raconte à Legrand 

1. Julien Legrand.

L'ancien maire de Landerneau.

Qui n'avait déjà pas été clair dans l'affaire de la Grande-Palud.

Et dont le témoignage est à prendre avec des pincettes.

Ou plutôt à ne pas prendre du tout.

Legrand maire en 1908.

 

2. Gabriel Saleun

Curieuse attitude du banquier.

Saleun est très pote avec Quémeneur, on peut lire en page 20 chez Denis Langlois :

"(...) Et effectivement une demi-heure plus tard, il rejoint Quémeneur à la terrasse de l'Hôtel des Voyageurs. Seznec n'est pas présent, du moins Saleun ne le remarque pas."

 

 

3. Me Julien Vérant

Le témoin tardif...

Oui, le 5 novembre 1923 !

Le notaire de Guillaume Seznec.

 

Vérant. Le notaire de Seznec.

Qui serait le seul à avoir vu les dollars...

Ou plutôt quelques dollars.

Que Seznec lui aurait présenté en février ou mars 1923.

Pour en connaître la valeur.

En-dehors de ceux échangés au Crédit Lyonnais.

"Le 15 mai, Seznec avait changé à l'agence du Crédit Lyonnais de Morlaix, trois pièces d'or américaines, l'une de quatre dollars, les autres de deux dollars pour la communion de sa fille."

Me Vérant chez qui a travaillé... Jean Pouliquen !

4. Le meunier Le Verge

Et son fameux acte de vente d'une voiture qui aurait servi à la confection des fausses promesses de vente..

On le sait tous...

La date sur un contrat ou une promesse de vente n'est pas obligatoirement la date où l'acte a été signé.

 

in livre de Denis Seznec

Le Mercredi 23 Mai 1923

Guillaume Seznec va récupérer la Cadillac chez Jestin à Landerneau.

Il se procure aussi un passavant pour le voyage à Paris.

Il est seul à nous raconter cette journée.

Et si il a fait ça "tout seul"...

Vous avez raison, Marc, il avait un sacré aplomb.

..........................

Donc,en clair, pour ces quatre jours, du dimanche 20 Mai 1923 au Mercredi 23 mai 1923 inclus...

Nous n'avons que les paroles de Jean Pouliquen et Guillaume Seznec.

Julien, Saleun, Vérant auraient pu faire des faux témoignages.

Leverge aurait pu être contacté n'importe quel autre jour pour la vente de sa Cadillac.

Je reviens donc sur ma première thèse :

Seuls Jean Pouliquen et Guillaume Seznec ont pu manipuler les faits pour les faire coller à leurs dates.

J'attends vos remarques...

Liliane Langellier

 

P.S.  Voilà où Skeptikos nous parle dollars : 

2020 dollars.

 
Calendrier 1923

Calendrier 1923

Les dollars or en 1914.

Les dollars or en 1914.

Brest. Hôtel des Voyageurs.

Brest. Hôtel des Voyageurs.

Affaire Cadiou. Carte Postale.

Affaire Cadiou. Carte Postale.

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M
Bonsoir Liliane.<br /> Mon premier message s'est effacé.<br /> Il y a d'autres témoignages :<br /> - celui de Jenny Quémeneur, qu'on imagine mal se prêter à ce jeu ;<br /> - celui de leur bonne Mlle Caradec ;<br /> - ceux de deux personnes sans lien avec tout ce monde mais qui connaissent Pierre Quémeneur, M. Lombard hôtelier à Brest et M. Dupuis, hôtelier à Rennes ;<br /> - celui d'Emile Hodey.
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M
Votre premier message n'a pas disparu, MArco, il est toujours là. Concernant Jeanne Quéméner et Pélagie Caradec, l'idée (dans la théorie du 20 mai) c'est qu'elles n'ont pas souvenir de la date exacte.<br /> <br /> Jeanne dit dans sa déposition du 23 juillet qu'elle a rendu visite aux Seznec le 4 juin, alors que c'est en contradiction avec le récit de Pouliquen, qui est assez précis. Pouliquen décide de rendre visite à Seznec au plus tôt quand Jeanne lui raconte la visite en détails. Il se rend donc de Pont-l'Abbé à Landerneau le 9 juin (probablement après une journée de travail qu'il ne pouvait éviter) et part pour Morlaix le 10 juin à 4 heures du matin, ayant l'intention de trouver Seznec avant qu'il ne puisse s'éclipser. La visite de Jeanne a donc eu lieu le 8 juin, et le 4 juin Jeanne n'a fait que téléphoner à Seznec (elle raconte cet appel à Pouliquen le 5 juin au matin). Donc, si Jeanne se trompe de 4 jours sur un événement aussi capital que sa visite chez les Seznec (elle voit d'ailleurs un mouchoir appartenant à son frère sur leur piano), elle peut se tromper également sur la date du départ de son frère pour Paris. Toutes les dates sont déterminées par Pouliquen dans sa lettre du 13 juin au directeur de la Sûreté générale, lettre qui est essentiellement constituée du récit que lui a fait Seznec, car on n'a pas d'autres témoins du voyage à ce moment-là.<br /> <br /> Je ne défends pas une théorie plutôt qu'une autre. Je souhaite seulement que l'argumentation soit solide. On ne peut pas rejeter une théorie d'un revers de la main, et on ne peut pas non plus en proposer une sans l'étayer. Il faut aller assez loin dans la démonstration.<br /> <br /> Donc, concernant Hodey, il peut s'être trompé de jour aussi, ou c'était le bon jour mais ça n'était pas Quéméner. Et je ne crois pas avoir lu qu'il connaissait Quéméner. Si vous pouvez nous donner la référence, ce serait très utile.
M
Bonsoir Madame.<br /> Quelques éléments pour répondre à votre requête.<br /> Tout d'abord, il n'est pas illogique qu'il y ait peu de personnes qui parlent de ces journées de Pierre Quémeneur en Bretagne durant l'enquête car sa présence était un acquis pour tout le monde.<br /> Il y a cependant quelques témoignages supplémentaires tout à fait probants, de mon point de vue :<br /> - celui de Jenny Quémeneur, on imagine mal que cette demoiselle ait joué une telle comédie ;<br /> - celui de Pélagie Caradec, bonne de Pierre Quémeneur ;<br /> - celui d' Emile Lombard, patron de l'hôtel des voyageurs, à Brest, qui connaît Quémeneur et Seznec, et l'après-midi du 22 mai Quémeneur et Seznec ont rendez-vous dans son établissement ;<br /> - celui de René Dupuis, hôtelier à Rennes, qui connaît bien Quémeneur, c'est dans son hôtel qu'il descend habituellement ;<br /> - celui d' Emile Hodey qui, semble-t-il, connaît Quémeneur mais pas Seznec.<br /> <br /> Les deux hôteliers ont pignon sur rue, on voit mal ce qui pourrait les amener à mentir.
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M
Bonjour, Liliane. Il m'est venu une idée hier. Ni le 20 mai, ni le 27 mai, mais le 24 mai ! Ça n'est pas un dimanche, mais il vaut mieux changer ce "détail" que de nombreux autres, peut-être.<br /> <br /> Donc le 24 mai, Quéméner doit aller au conseil municipal de Saint-Sauveur puis retrouver Seznec à Rennes. Selon Legrand : « Je dois exposer là, disait-il, une question de chemins vicinaux, mais je n'assisterai pas au déjeuner qui suit d'ordinaire ces séances, car il me faudra prendre le train pour Rennes, où je dois retrouver Seznec." Il doit donc prendre le train de 11h28 à Landerneau pour arriver à 19h10 à Rennes. Donc, dans le premier projet, Seznec le rejoint là-bas dans la soirée et ils dorment à Rennes. Seulement il change d'avis, ne se rend pas au conseil municipal et prend le train de 8h35 qui arrive à 12h58 à Rennes... mais il descend à Morlaix à 9h21 et se rend chez Seznec. Eh bien, oui, pourquoi pas ? En partant avec lui de Morlaix en Cadillac, il devrait quand même avoir quelques heures à Rennes pour voir deux ou trois garagistes. Mais Seznec lui dit que la voiture n'est pas prête et qu'il va devoir passer une ou deux heures dessus avant qu'ils partent, donc il s'installe à la maison avec Marie Jeanne. Il en profite pour écrire une lettre à un garage de Rennes, celle que Ladam recevra le 26 (postée par Marie Jeanne le 25). Au bout d'une heure, il essaie de conter fleurette à Marie Jeanne et rate une marche en reculant après une gifle monumentale. Seznec arrive pour lui dire que la voiture est prête et constate la situation. Aidé par un ami, il parvient à charger discrètement le corps enroulé dans un drap dans la Cadillac, puis il part pour Rennes avec cet ami. Il n'y arrive que le soir, parce qu'il a fait un détour pour enterrer Quéméner (dans la forêt de Beffou à Loguivy-Plougras, par exemple). De là, il envoie un télégramme à Pouliquen pour lui dire d'envoyer le chèque à Paris poste restante. Les deux hommes partent le lendemain pour Paris, on connait la suite, mais le compagnon de Seznec n'est pas Quéméner. Après Houdan, ils reviennent à Dreux pour que l'ami prenne l'express de 21h59, car il doit assister au rendez-vous à 8 heures en remplacement de Quéméner, pour voir ce dont il retourne, car avec l'argent de Quéméner, le deal est toujours possible, et il y a un pactole à se faire. Cet ami tentera par deux fois de récupérer le chèque le 26 mai (et non le 2 juin, le doute peut être utilisé dans cette version). Devant l'échec presque total du projet, Seznec combine l'histoire du Havre, qui le perdra.
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M
Bonjour, MArco. Le patron de l'Hôtel Parisien de Rennes peut s'être trompé de jour, surtout si Quéméner avait ses habitudes dans son hôtel. Les témoins sont interrogés fin juin et presque tous ont du mal à dater exactement ce qu'ils ont vu. La police les oriente pour la date. Et "s'il avait été malade, cela aurait évidemment figuré dans ses souvenirs" est acceptable d'un point de vue logique, mais ça reste discutable, donc ça n'est pas suffisant comme contradiction. Il pourrait avoir oublié la raison de sa présence à la maison ce jour-là. On ne se souvient pas toujours de tous les détails entourant un événement, surtout si on raconte cela 45 ans après les faits et qu'on n'avait que 12 ans à l'époque.
M
Bonsoir Marc.<br /> <br /> Comme je l'indiquais dans un autre message, cela se heurte au témoignage du patron de l'hôtel rennais, où Quémeneur a ses habitudes, et à celui d'Hodey, peut-être moins fiable, qui le connaît. De plus, comme le dit Liliane, Petit-Guillaume ne pouvait être là en semaine, et s'il avait été malade, cela aurait évidemment figuré dans ses souvenirs.
M
Oui, et il y a aussi les inconnus de l'Hôtel Parisien, mais ils ne sont pas dans le dossier d'instruction, ceux-là. Petit-Guillaume pourrait avoir été malade et être resté une semaine à la maison, peut-être ? En fait, pour les inconnus, c'est simple : Seznec pourrait avoir déposé son ami dans un premier temps à l'Hôtel Parisien et être revenu une heure ou deux plus tard. Pendant ce temps, l'ami aurait commencé à jouer son rôle de Quéméner, se présentant à tout le monde sous ce nom, étant très sympathique, payant des apéritifs à la moindre occasion pour qu'on se souvienne bien de lui et de son nom.
L
Oui, cher Marc, pourquoi pas ?<br /> Seul souci :Petit Guillaume est pensionnaire et il ne sort que le dimanche.<br /> On va y arriver...<br /> A nous tous, on va y arriver...<br /> A Plus on peut plus !
G
Bonjour,<br /> Vous écrivez: "Guillaume Seznec donne 2 versions de l'acte le plus important de toute cette histoire !"<br /> <br /> Je ne suis pas certain qu'il ait été question de Traou-Nez en cette fin mai, lors du déplacement à Brest. J'imagine mal Seznec avoir les dollars (de sa femme) par hasard dans sa poche et l'autre de lui dire:"attends un peu pour les changer j'ai un truc à te proposer".<br /> On le voit par la suite Marie-Jeanne ne semble pas très au courant de la destination de son pactole; Traou-Nez ou trafic de cadillacs? Elle n'est pas très pointue dans ses explications.<br /> Je crois me souvenir qu"elle finissait pas être gênée de posséder autant de dollars-or 'de provenance douteuse'.
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L
Bonjour Guy...<br /> C'est Guillaume Seznec qui donne 2 versions de l'échange des dollars (l'une à L'Hôtel des Voyageurs à Brest, l'autre dans la voiture en allant à Lesneven).<br /> Pas moi.<br /> J'ai longtemps cru qu'il y avait zéro dollar. <br /> Ce que m'ont dit les petits-fils m'ont fait changer d'avis.
M
J'ajoute un commentaire sur les dollars. Vous dites : "Aucun témoin ne signale la présence des dollars or. Ni Legrand, ni Quémeneur, ni Me Vérant, ni le directeur de L'Hôtel des Voyageurs à Brest, ni Pélagie Caradec, la bonne des Quémeneur." Et Guy disait en commentaire à l'article précédent : "A propos de la communion de Jeanne, Seznec aurait échangé une quarantaine de dollars, les seuls dont l'existence est avérée."<br /> <br /> La réalité, c'est que même l'existence de ces 40 dollars n'est pas avérée (aucune preuve, aucun témoin fiable). Et quand Pouliquen dit à Quéméner que les affaires de Seznec ne sont pas brillantes, Quéméner prend la défense de Seznec en disant qu'il possède une propriété à Plomodiern et une installation à Morlaix, d'une valeur de 360.000 francs en tout, mais il ne parle pas des dollars. Selon Pouliquen, bien sûr.<br /> <br /> Cela dit, je pense que ces dollars existaient mais qu'il n'y avait qu'un peu plus de la moitié de la somme prétendue. C'est également l'opinion de Skeptikos, je crois.
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M
Merci pour le lien vers l'article de Skeptikos, Liliane. Je parviens à une somme comparable par de tout autres moyens, mais sa démonstration est admirable de clarté. J'expliquerai mon estimation plus tard, car je devrai argumenter.<br /> <br /> Concernant l'acte Le Verge, c'est très certainement la copie gardée par les frères Le Verge que nous voyons là. L'autre, elle était sûrement dans la valise de Quéméner, qui a terminé entre les mains de Guillaume Seznec dans mon hypothèse comme dans la vôtre, et il était sûrement écrit "Fait DOUBLE à Landerneau" sur celle-là, qui a très certainement fini au feu (contrairement au cadavre de Quéméner).<br /> <br /> Ce qui est amusant, c'est qu'à la fois sur cet acte authentique fait à Lesneven et sur les fausses promesses de vente prétendument faites à Brest, il est écrit "Landerneau". Et pour l'acte Le Verge, il n'y a que Quéméner qui signe. C'est quand même formidable.
L
Oui, cher Marc...<br /> Ces dollars existaient.<br /> Jean-Yves et Gabriel Seznec m'ont bien raconté que leur père, enfant, avec sa soeur Jeanne, jouait avec les dollars.<br /> Ils étaient très reconnaissables avec leur figure de Sioux...<br /> Et puis de l'or...<br /> Mais bien malin qui nous dira combien il y en avait.<br /> Je suis aussi pour la version de Skeptikos qui avance un certain nombre de dollarrs (je recherche)...
M
En effet, il n'y a pas énormément de témoins. Il faut ajouter Jeanne Quéméner, qui dit bien que son frère est parti le 24 mai au matin, mais sa première audition n'a lieu que le 27 juin. Elle peut avoir été influencée par le calendrier établi par Pouliquen. D'ailleurs, elle finira par se tromper dans les dates car elle dira dans son audition du 23 juillet qu'elle avait rendu visite aux Seznec le 4 juin, alors que c'était plutôt le 8 juin, veille de l'échange de télégrammes avec Acherman (voir mes pages 4-9 juin 1923 pour ce problème). Il y a aussi les inconnus de l'Hôtel Parisien de Rennes le 24 mai, mais comme ils sont inconnus, vous n'avez pas à vous en soucier (surtout que dans le contexte d'une requête en révision, ils comptent pour du beurre).<br /> <br /> Le premier document de police concernant l'affaire, c'est la main courante de Fabréga le 10 juin, et là c'est bingo pour vous, Liliane : "un membre de notre famille parti à Paris pour affaires depuis une vingtaine de jours". L'estimation vient de Pouliquen, mais elle est suffisamment imprécise pour que les deux théories passent.
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M
Je pense en réalité comme vous, MArco, mais nous n'avons pas de preuves de cela. Il faut des éléments de preuve pour confirmer un point, sinon ce n'est que de la spéculation. Je veux dire que je pense que le calendrier retenu par l'enquête est le bon, mais pour contredire une théorie qui sort de ce déroulé des faits, il faut des preuves déterminantes. Des témoignages un mois après ne suffisent pas. Les témoignages sont d'ailleurs toujours la partie la plus faible d'une enquête. Où est la fiche de police remplie et signée par Quéméner pour sa nuit du 24 mai 1923 à l'Hôtel Parisien ? Où est sa signature au bas de la facture du garage Hodey ?
M
Cher Marc,<br /> <br /> Je pense que Jenny Quémeneur pouvait effectivement se tromper sur la date de sa visite chez les Seznec mais pas sur celle du départ de son frère : c'est elle qui tient sa maison, fait ses bagages, et il y a trop de points de repère (Pentecôte, les courses de Comanna où Quémeneur va sans sa soeur, sans doute aux Vêpres, puis le lundi de Pentecôte où Jenny et Pierre vont à Saint-Sauveur puis ramènent Pouliquen à Landerneau. La présence de Pouliquen seul à Landerneau sans sa femme née Quémeneur est tout à fait exceptionnelle, je pense, et marquante. Je n'imagine pas Jenny Quémeneur, qui en plus a dû parler avec sa bonne, se laisser influencer à ce point.
M
Cher Alain,<br /> <br /> Je ne pense pas qu'il faille accorder trop d'importance à des imprécisions dans la rédaction de la "main courante Fabréga". Il y a, par exemple, des fautes montrant qu'elle n'est pas relue ("à la catastrophe"). De plus, elle n'est établie que par le policier, sans que les visiteurs ne relisent non plus, ce n'est pas un procès-verbal.<br /> Le terme "vingtaine de jours" peut s'expliquer : Quémeneur est parti 18 jours avant, a été à Rennes, en est reparti, et est sensé, à ce stade, être arrivé à Paris le troisième jour.<br /> Quant à la présence du document Pouliquen dans les archives de l'étude, elle me semble normale pour un notaire qui a voulu garder une trace des évènements.<br /> C'est une des approches que j'ai dans cette affaire, je me dis toujours : qu'aurais-je fait ? et je constate que parfois j'hésite mais que je fais souvent ce que les protagonistes disent avoir fait, sauf pour l'un d'entre eux, Seznec, qui a des actions inexplicables.
A
Cher Marc,<br /> <br /> Nos esprits (je ne sais pas s'ils sont grands...) se rencontrent.<br /> Pas plus tard qu'hier soir, j'ai envoyé un courriel à Liliane Langellier pour lui faire part de ce que je suis en train de trouver en essayant de lire en détail la "primo-enquête" de Pouliquen.dans B. Rouz. Et j'ai, comme vous, "tiqué" sur la "vingtaine de jours" mentionnée dans la main courante rédigée par Fabréga. Ce texte est très précis, mais Rouz nous dit que c'est le successeur de Pouliquen qui le lui a communiqué. Donc Pouliquen a pris la peine d'écrire tout cela, mais l'a laissé dormir dans un fond de tiroir de son étude...<br /> Et je crois que ce document, si on le soumet à une lecture serrée, nous réserve encore des surprises...<br /> Est-il besoin de vous redire mon estime pour quelq'un qui, à propos de la valeur des dollars, écrit : "J'expliquerai mon estimation plus tard, car je devrai argumenter".<br /> Eh oui, argumenter, et non se répandre en propos oiseux dans les media ou sur internet... Suivez mon regard...