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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 700 articles.

Affaire Seznec : Le pote de Guillaume

"Savoir écouter est un art."

Epictète

Mais si...

Mais si, vous l'avez bien lu sur ce blog...

Un pote de Guillaume l'aide à emporter le cadavre loin de Morlaix...

Et ils ne reviennent que le lendemain midi.

Le pote...

Quel pote ?

J'ai tout de suite pensé à André de Jaegher !

Et cela n'engage que moi.

Pas Jean-Yves, ni Gabriel.

André de Jaegher...

Qui était le seul, ce foutu été 1923, à témoigner en faveur de Guillaume Seznec.

André de Jaegher, intime de Seznec, fâché avec Quéméneur est la seule personne qui affirme avoir vu l'acte de vente de la propriété de Plourivo dans les mains de Seznec :

"Le 26 juin il m'a présenté ainsi qu'aux personnes présentes, l'acte de vente de la propriété de Plourivo. Il m'a demandé s'il ne risquait pas de perdre ses dollars avec cet acte. Après avoir jeté un coup d'oeil sur l'acte, je lui ai répondu qu'il ne risquait rien, mais qu'il devait le faire enregistrer pour lui donner une date certaine." (Note 269 : Déposition d'André de Jaegher, 48 ans, commissionnaire à Ploujean, le 6 juillet 1923.)

Alors, on reprend...

Qui était André de Jaegher ?

J'ai écrit plusieurs billets à son sujet...

Reprenons...

Fixons d'abord les dates dans l'état civil :

André de Jaegher est né le 22 juillet 1874 à Plouvenez-Moëdec dans les Côtes d'Armor

Il s'est marié le 6 septembre 1899 à Morlaix avec Jeanne Marie Menou

Il meurt le 12 janvier 1939 à Morlaix. 

Le Registre Militaire de André de Jaegher

J'ai repris le premier article où il apparaît l'ami André...

C'est important les premiers articles...

Lire L'Ouest-Eclair Rennes du lundi 2 juillet 1923, en une, 5e colonne, bas de page, et suite en haut page 2 :

"Un témoin qui doit être intéressant

Morlaix, 1er juillet. - Il est un témoignage sur la personnalité de Seznec, qui peut être fort intéressant. L'inculpé qui, comme on sait, brassait des affaires nombreuses et très diverses, était en relations constantes, intimes même, avec un courtier en charbon, de Morlaix, M. de Jaegher, dont l'existence assez mouvementée et la grande activité, sont connues de tous les habitants. M. de Jaegher, qui s'occupait de poteaux de mines était, répétons-le, très lié avec Seznec. On les voyait souvent ensemble, s'entretenant longuement et discrètement, comme il convient quand on traite des affaires communes.

Or, M. de Jaegher paraît fort surpris de la tournure que prennent les évènements. Ignorant sans doute les contradictions qui ont été relevées dans les dépositions de l'inculpé, il persiste à se porter garant de l'honorabilité parfaite et de la loyauté de Seznec. Il le considère comme un homme riche, dont le capital atteint aux environs de 500.000 francs.Comme on le voit, M. de Jaegher n'est d'accord ni avec les bruits qui courent sur la solvabilité du prévenu, ni avec les faits connus aujourd'hui, par l'habile et active instruction de l'affaire.

Par contre, il est parfaitement d'accord avec Mme Seznec qui, nous l'avons dit, affirme l'innocence de son mari.

Sur la question des dollars que possédait Seznec, M. de Jaegher, très au courant, on le voit, des questions pécuniaires qui touchent son ami, s'explique avec une netteté affirmative.

"Seznec m'avait souvent parlé, dit-il, de 4 000 dollars qu'il possédait. Il attendait, pour les vendre, que le taux de change ait encore monté.

Peut-être M. de Jaegher pourrait-il faire, sur les confidences qu'il échangeait avec le prévenu, des déclarations qui permettraient à l'instruction, de recueillir, sur certains faits, quelque lumière utile ?"

Etonnant, non, quand relu à la lumière des dernières révélations que m'ont faites les fils de Petit Guillaume ?

"Par contre, il est parfaitement d'accord avec Mme Seznec qui, nous l'avons dit, affirme l'innocence de son mari."

Ben oui, si c'est lui qui a aidé Guillaume Seznec au dernier voyage de Pierre Quémeneur et à son enterrement !

Il peut être "parfaitement d'accord" !

Il était souvent chez les Seznec, André.

Très souvent.

Même que Pierre Quémeneur, il en avait ressenti quelques jalousies.

Cela lui faisait un rivale auprès de Madame Seznec.

Quand je vous dis qu'elle était belle Marie-Jeanne Seznec...

Très belle.

Et, en 1923, elle est dans la splendeur de ses 38 ans...

Une femme n'est jamais aussi belle et réalisée qu'entre 35 et 40 ans...

 

 

En plus, Guillaume Seznec il était lié avec André de Jaegher pour une obscure affaire d'injures à un avoué, Me Croissant :

 

En plus, de Jaegher habitait Morlaix.

Pas loin des Seznec...

Quai du Léon.

Au numéro 24.

J'ai écrit 3 articles concernant de Jaegher sur ce blog...

Et pour finir, de Jaegher, il avait laissé un drapeau de 72.302 Francs à Quémeneur..

Le 24 mai 1922, il porte plainte pour abus de confiance auprès du procureur de la République de Morlaix pour un impayé de 72 302 francs. Cette plainte fera l'objet d'un non lieu en juillet à cause de la liquidation judiciaire qui affecte les biens du courtier maritime. Quéméneur dans une lettre du 30 mars 1923, précise "j'ai subi une perte de 64 862 francs à cause de la faillite de Jaegher.""

In Rouz page 132.

Donc, quelque part, la mort de Pierre Quémeneur, ça l'arrangeait plutôt !

Mais oui, c'est un personnage important André de Jaegher dans l'histoire Seznec.

Tellement proche de Guillaume...

Qu'il l'aurait bien aidé à transporter le corps de Pierre Quémeneur ailleurs.

"Un commerçant", ils m'ont dit les petits-fils...

Un commerçant de Morlaix.

Vous en connaissez beaucoup, vous, d'autres commerçants qui auraient fréquenté Guillaume...

Je demande...

Liliane Langellier

P.S.Vous vous demandez peut-être si Denis Seznec connaissait cette vérité de Petit Guillaume ?

Et oui...

Quand Bernard Le Her l'a dit à Me Denis Langlois...

Il a dû l'apprendre à ce moment-là en 1978...

P.S. 2 Guillaume Seznec n'a jamais voulu dire à Petit Guillaume où était précisément enterré le cadavre de Pierre Quémeneur.

Il en est resté à la seule version "Loin de Morlaix".

Quand Petit Guillaume a osé lui demander plus de précisions...

Cela se déroulait à Estreez, commune de Saint Gervais...

C'était avant que Petit Guillaume n'épouse Claudie Neyret (épousée le 5 Mars 1955).

Et Guillaume Seznec, non seulement il n'a pas répondu, mais mécontent de la question, il en est reparti vivre chez sa fille Jeanne Le Her, à Paris XIIIe. 

 

Le papier à en tête des de Jaegher. Ils étaient bien commerçants... A Morlaix !

Le papier à en tête des de Jaegher. Ils étaient bien commerçants... A Morlaix !

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T
Sur l'une de vos pages, il est je crois démontré que Guillaume n'a certainement pas pu arriver dans l'après midi à Morlaix pour ensuite passer le reste de la journée à faire disparaître Quémeuneur ce qui contredit le témoignage de son fils
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M
Bonjour, Liliane,

Dès que vous aviez dit "un pote de Guillaume", j'avais pensé à de Jaëgher également, mais n'oublions pas aussi le chauffeur Samson : pas vraiment un "pote" mais apparemment tout à fait le genre à aider son patron pour ce genre de choses, ou plutôt sa patronne qui, quel que soit le scénario, me semble avoir mené les opérations et inventé les bobards à répandre, étant réputée plus intelligente que son mari.

J'apporte quelques petites précisions sur ce que vous écrivez sur de Jaëgher. Il n'est pas la seule personne à avoir vu la promesse de vente de Plourivo, puisqu'il dit "ainsi qu'aux personnes présentes". D'après les lignes qui précèdent, on peut déduire que parmi ces personnes se trouvent Métais de Brest et un journaliste de Ouest-Éclair. Et c'est le 27 juin que Seznec montre cette promesse de vente à ces personnes, pas le 26, jour où il est entendu par le commissaire Cunat, à qui il parle de Plourivo. Cunat a donc vu la promesse de vente avant de Jaëgher et les autres visiteurs. Je suis même surpris que Seznec ne l'ait pas montrée plus tôt, car il fallait justement qu'il la montre un peu à tout le monde, donc pourquoi pas dès le 14, si Marie Jeanne avait eu le temps de la dactylographier. Une promesse datée du 22 mai qu'apparemment personne d'autre que Marie Jeanne n'a vu avant Cunat le 26 juin.

Par contre, pour les dollars, là, c'est sûr, de Jaëgher est le seul en dehors de la maison Seznec à parler d'une telle somme. Cependant, on ne sait pas si le journaliste n'a pas précisé la somme lui-même, à partir de ce qu'on savait. Et ce n'est pas parce que ces dollars existaient peut-être en grand nombre qu'ils ont servi à ça.

Pour ce qui est de l'énorme somme que de Jaëgher a fait perdre à Quéméner, c'est une affaire close, au moins sur le plan légal, à cause de la liquidation judiciaire, donc la mort de Quéméner n'arrange pas de Jaëgher. Par contre, on peut penser qu'ils étaient moyennement copains, ces deux-là.
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L
Bien sur, cher Marc...
Mais moi aussii, j'avais d'abord pensé "Samson"...
M
D'accord, Liliane. Il est aussi possible qu'il s'agisse d'un homme qui n'a jamais été cité dans l'enquête, ou en tout cas dans la presse de l'époque.
L
Hello Marc !
J'ai demandé aux petits fils s'ils ne pensaient pas au chauffeur Samson pour le transport du corps...
Réponse : non, ce n'était pas le chauffeur, il s'agissait d'un ami proche, un commerçant ou peut-être un boucher...
M
À propos de Samson, voyons ce que nous dit Marie Jeanne fin juin :

"Je jure sur la tête de mes enfants, qu'à son retour de La Queue-lès-Yvelines, Seznec n'avait dans l'automobile que son pardessus, et le panier en osier jaune qui lui servait de sac de voyage. D'ailleurs, à l'exception du déplacement de Saint-Brieuc, Guillaume ne s'est pas absenté de Morlaix, sauf pour une promenade de quelques heures, qu'il a faite avec ses enfants et moi, un dimanche à Huelgoat, et une tournée dans les bois des environs, qu'il fit un après-midi avec son chauffeur."

Elle "oublie" deux ou trois voyages, mais ça n'est pas grave (à part pour la tête de ses enfants, mais on va considérer qu'elle se trompe de bonne foi). En tout cas, c'est amusant, cette tournée dans les bois des environs avec son chauffeur.
T
Si Denis connait la thèse de Petit Guillaume depuis tout ce temps, pourquoi chercher ailleurs, parce qu'il n'y crois pas ?
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L
Vous remarquerez que Denis Seznec cherche toujours à Traou Nez en Plourivo...
Comme le juge Hervé avant lui...
Et comme sa maman Jeanne Le Her.
Mais Denis veut l'innocence totale de son grand-père.
Donc...
Pas de recel de cadavre.
Pas de confection de faux.
Tout cela est bien dommage !
Car si les trois petits-fils voulaient bien se donner la main, on aboutirait certainement à une révision du procès.
Ils ne sont pas fâchés entre eux.
Alors...
Alors à suivre...
T
Bonjour Madame, à la lecture de vos derniers messages, je crois comprendre que nous connaissons désormais la quasi totalité de la thèse rapportée par les fils de Petit Guillaume
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L
Bonjour à vous...
Oui, allez lire mon article du Lundi 26 Mars 2018...
Bonne lecture et Joyeuses Pâques !
G
J'ai fait erreur, la journée passée à Trégastel serait le 3 juin, au retour du voyage à Paris de Seznec. Vous me confirmerez, je n'ai pas mon 'Rouz' sous la main.
Le buraliste s'est trouvé dans une situation délicate pour avoir fourni le papier timbré. A ma connaissance il n'a jamais confirmé avoir eu affaire avec Quéméneur.
On ne sait pas si c'était un habitué de Traon Ar Velin mais il passe le dimanche avec Seznec.
Un moment d'agrément?
On ne peut oublier le voisin Kerné.
Si c'est des obsèques en bande organisée on peut imaginer la pression (de la police, des autres présents) sur le plus faible de caractère.
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L
Oui, Guy...
C'est bien le dimanche 3 juin 1923 que Guillaume Seznec va à Trégastel en compagnie de Julien Rams, le buraliste qui lui a vendu le papier timbré.
In Bernez Rouz en pages 75/76.
G
Comme 'ami' possible nous avons le buraliste Rams, le vendeur du papier timbré, celui qui passe la journée (du 2 juin?) à Trégastel avec Seznec. Celui qui, dépressif, se jettera dans la rivière de Morlaix en janvier 1924.
Répondre
L
Oui, Guy, bien sûr Rams...
Mais Rams n'était pas un habitué de Traon ar Velin...
Tandis que de Jaegher si !