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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 700 articles.

Affaire SEZNEC / Rebondissement / Plouaret : le neveu de Léon Jacob parle

Voilà ce que vient de me faire parvenir à l'instant même Alain Jacob, petit-fils de Madame Gabrielle Jacob et neveu des témoins Anna et Léon Jacob.

Mail du 9 janvier 2018, 17 h 53

Bonjour madame,

Mes meilleurs vœux pour 2018.

J'ai lu avec beaucoup d'intérêt plusieurs pages de votre site et je suis 
bien sûr aller voir ce que vous disiez de l'épisode de Plouaret que je 
connais bien, étant un petit fils de madame Jacob de Lann Vihan et neveu 
des témoins Léon Jacob et Anna Jacob qui m'ont plusieurs fois raconté ce 
qu'ils savaient de l'affaire, ce qu'ils avaient vu, ce que disaient le 
voisinage de Seznec à Morlaix...

J'ai noté que vous citiez des collègues sur votre blog et reproduisiez 
des extraits de leurs livres. Autant le livre de Bernez Rouz est une 
source sérieuse et fiable, autant les livres de Denis Le Her ne le sont 
pas et je le sais depuis longtemps. Aussi j'ai bondi en lisant la 
version totalement fausse de Denis Le Her.

Je vous serais vivement reconnaissant d'inclure dans votre blog le 
document en pj au titre de mon droit de réponse.


J'ai re-visionner l'émission de FR3 Bretagne de 2004 ou 2005 dans 
laquelle vous interveniez, ainsi que Bernez Rouz et Denis Le Her.

J'ai été en contact avec Bernez Rouz après avoir lu son livre à l'époque 
de la dernière révision et je lui ai donné un certain nombre de 
précisions sur notre famille et les événements. Malheureusement 
l'adresse mél que j'ai n'est plus bonne. Mais je vais essayer de le 
recontacter, au moins pour savoir s'il avait pu se procurer la vidéo du 
témoignage de mon oncle en 1971.

J'ai aussi rencontré et échangé avec Monsieur Bruno Gesterman, ainsi 
qu'un journaliste en retraite du bureau régional d'Ouest France 
spécialiste des affaires judiciaires dont j'ai oublié le nom 
malheureusement. Vous voyez peut être de qui il s'agit?

Cordialement.
 

Seznec à Plouaret

 

Rappel des faits rapportés par mon oncle Léon Jacob et les autres témoins de Plouaret interrogés par Frédéric Pottecher pour la télévision sur place à Plouaret en 1971 (document disponible à l’INA). J’ai aussi entendu plusieurs fois ce récit de la bouche de mon oncle. Je m’en suis entretenu avec Bernez Rous.

Le 12 juin 1923 Guillaume Seznec s’est présenté en automobile à la ferme de ma grand-mère, Gabrielle Barbier, veuve Jacob, à Lann Vihan annonçant qu’elle était en panne. Mon oncle lui a dit qu’il y avait un mécanicien au bourg en bas de la côte. Il suffisait de descendre en roue libre. Seznec a préféré la laisser sur place. Mon oncle l’a alors aidé en la poussant dans le chemin vers un verger où elle est restée garée. Guillaume Seznec s’est dirigé vers la gare de l’autre côté du bourg. LannVihan se trouve sur la route venant de Plounerin à environ 2 KMS de l’entrée du bourg.

Au bourg Seznec a dîné à l’hôtel restaurant « des voyageurs » face à la gare, je crois. Là il a demandé à la serveuse de poster un télégramme pour lui le lendemain, en insistant « sans faute demain ». A noter qu’il avait un formulaire sur lui. Il a pris le train de nuit pour Paris.

Le 14 au matin, mon oncle l’a vu revenir de la direction du bourg quelque temps après le passage du train venant de Paris. Il se trouvait dans un champ en bordure de la grand route avant l’entrée du chemin conduisant à la ferme. A cette époque et même pendant quelques décennies les horaires des passages des trains étaient bien connus de la population pour qui ils servaient de repère dans leur journée. Seznec portait un paquet sur l’épaule qu’il n’avait plus en arrivant à la ferme. Mon oncle pensait qu’il l’avait déposé sur le talus pour le reprendre en partant. Seznec a démarré la voiture sans difficulté, sans même ouvrir le capot et a pris la direction de Plounérin pour rejoindre la nationale 12 en direction de Morlaix.

 

Commentaires et questions :

Tout comme le procureur de Quimper au début des années 2000, Bruno Gesterman, je pense que l’épisode de Plouaret est primordial.

  • Pour se rendre à Tréguier depuis Morlaix la route directe passe par Plestin les Grèves et Lannion, pas par Plouaret. Pourquoi Seznec s’est-il donc rendu à Plouaret ? Pour prendre le train de Paris sans être reconnu.
  • Pourquoi laisser une voiture en panne en haut d’une côte descendant vers le bourg où il y a un mécanicien ? Pour la laisser en attente en toute discrétion cachée à l’écart de la grand route.
  • Pourquoi envoyer un télégramme à sa femme à Morlaix, alors qu’il a le téléphone à la maison, en précisant de l’envoyer le lendemain 13 ? Pour se créer un alibi a priori. Il ne pouvait pas être au Havre et en même temps à Plouaret.
  • Sa voiture a démarré sans difficulté. Elle n’était donc pas en panne, ce qui prouve que nous somme en présence d’une opération bien préparée par Seznec.

 

Toute cette démarche est conforme à la manière de faire générale de Seznec qui tout au long de l’enquête, de l’instruction, puis du procès a varié constamment dans ses explications chaque fois qu’il était placé face à des contradictions. Lorsqu’à court d’argument il ne trouvait rien à répondre il dénonçait l’erreur du témoin. Il a même essayé par l’intermédiaire de sa femme de demander des faux témoignages pour aider à sa défense lorsqu’il était en prison à Morlaix. Seznec était un individu retors, au mauvais caractère, peu apprécié de son voisinage et avait eu dans le passé des agissements douteux du fait de l’incendie de son atelier de réparation de cycle à Plomodiern, puis de sa blanchisserie à Brest pour lequel les assurances avaient refusé de payer. Ce qui fait que le commissaire Vidal, alerté de la disparition de Quéméneur a aussitôt réagi en apprenant que Seznec était en sa compagnie peu avant.

La personnalité de l’accusé doit être prise en compte ainsi que son passé trouble de commerçant changeant d’activité fréquemment qui ne donnent pas de lui une image favorable.

                                                                  *

                                                  *                              *

J’en viens maintenant à l’extrait du livre de Denis Le Her-Seznec que vous citez sur votre blog. Je le découvre aujourd’hui car je n’ai lu qu’un seul livre de lui. Il contenait tellement de contre vérités, de témoignages indirects douteux et de mensonges, j’en ai la preuve aujourd’hui pour les événements que je connais bien de source familiale, que je n’ai jamais relu un seul de ses livres, alors que j’ai lu pratiquement tous ceux qui ont été publiés sur l’affaire.

Il est regrettable que vous ayez accordé quelque crédit à ses écrits. Evidemment vous ne pouviez pas savoir.

 

"Les témoignages des Jacob, la mère et son jeune fils, concernent le 13 juin. Ce jour-là ils ont aperçu Seznec revenant de la gare de Plouaret venir reprendre son camion garé dans un verger. Ils affirment que le camion de Seznec n'était pas en panne car celui-ci aurait redémarré aussitôt. En 1994, la famille de Mme Jacob m'écrira pour me dire que celle-ci avait été manipulée de toute évidence. En mars 1996, c'est son petit-fils qui me confirmera que, dans sa famille, tout le monde savait que la Sûreté avait fait dire autre chose à sa grand-mère car celle-ci affirma toujours par la suite qu'on avait mal traduit ses propos - elle ne parlait que breton. En 1988, dans le journal Le Trégor (3 décembre) Marie Riou, l'une des témoins de Plouaret, affirmera que la police a fait pression sur elle pour qu'elle confirme le témoignage des Jacob. Elle dira, au contraire, sa conviction que Seznec disait vrai sur son parcours."

Je m’élève en faux contre ces deux affirmations.

Je défie Denis Le Her-Seznec de pouvoir apporter la preuve de ce qu’il avance ici en produisant cette lettre et en me disant qui de la famille lui aurait dit que madame Jacob aurait été manipulée. D’ailleurs le témoignage de son fils, Léon Jacob, était plus important que le sien. Sur ces témoignages qui n’ont jamais été remis en question auparavant, je vous renvois vers le reportage de Frédéric Pottecher. Madame Jacob a eu plusieurs petits-fils. Je suis l’un d’entre eux et je tiens de mon père, de mon oncle et de ma tante le récit maintes fois répété des évènements des 12 et 14 juin à Plouaret et non du 13 juin.

A l’évidence Denis Le Her-Seznec ment pour démolir ces témoignages gênants. C’est sa technique, il dit que les témoins étaient manipulés par la police, comme son grand-père qui disait qu’ils se trompaient tous.

En fin de compte je pense que cette affaire resurgit régulièrement parce que des intérêts financiers sont en jeu. Je m’explique : le petit fils espérait recevoir une grosse indemnité si son grand-père avait été réhabilité. En attendant il s’est assuré une rente par la publication de ses livres et en donnant des conférences, payantes bien entendu. Par ailleurs des journalistes voulant vendre du papier s’empressent de prendre le relais et eux aussi défendent l’idée que Seznec était innocent parce que cela plait au public. Ils sont aidés par tous les idéalistes et utopistes humanistes qui croient au complot, à une affaire d’état, bref à l’innocence de Seznec. Ceux qui veulent connaître la vérité de nos jours prennent connaissance d’une affaire complètement polluée par les élucubrations des uns et des autres.

Alain Jacob, petit fils de Madame Gabrielle Jacob et neveu des témoins Anna et Léon Jacob.

 

Je tiens à rassurer ici Alain Jacob...

Dans cette histoire, tout est si étrangement mêlé qu'il est bien prétentieux de vouloir démêler soi-même le vrai du faux.

Autant je tiens les affirmations de Bernez Rouz pour de la parole vraie et vérifiée, autant je me suis élevée de nombreuses fois (et je ne suis pas la seule) contre les affirmations frelatées de Denis Seznec.

Qu'on se le dise !

Liliane Langellier

P.S. Lire le lien joint ci-dessous concernant "La gare de Plouaret" dans mon blog sur "La piste de Lormaye".

 

La gare de Plouaret

La gare de Plouaret

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