Affaire Seznec Investigation : le livre de Me Denis Langlois

Publié le par Liliane Langellier

«  Mieux est de rire que de larmes écrire parce que rire est le propre de l'homme...  »

Rabelais dans le Proloque de son Gargantua

 

Chaque matin, tôt, je fais mon petit tour sur le Web.

Twitter et Facebook.

Et puis, à tout hasard, je file voir sur la recherche de Twitter si quelqu'un à écrit sur l'affaire....

Je chronique, depuis quelques temps, des livres pour un "webzine" qui s'appelle "L'Ivre de Lire".

Et ce matin, je retrouve encore un tweet du rédacteur-en-chef sur le livre de Maître Langlois.

Il a dû balancer ma critique plus de 20 fois...

Je lui ai posé question.

Il ne connaissait pas (ou peu) l'affaire Seznec et il a aimé ce livre.

Cela m'a renvoyé à une démarche que j'ai faite la semaine dernière.

J'avais envie de mettre un peu de chair autour du personnage de Petit-Guillaume.

Je ne m'éclate pas avec les seules archives.

Froides. Désincarnées.

Même si elles sont des bases indispensables à toute bonne investigation.

Pour des raisons d'un tout autre ordre, et avant la parution du livre de Denis Langlois, j'avais recherché où pouvaient se trouver les enfants de Guillaume. 

Et leur âge approximatif.

La responsable des Archives départementales du Finistère m'avait en effet signalé qu'elle voyait couramment l'arrière-petit-fils de Guillaume Seznec. Et je me demandais bien lequel d'entre eux pouvait résider vers Quimper.

Cela m'a au moins permis de remettre en ordre la descendance de Petit-Guillaume.

Et de le signaler à des amis généalogistes. Car ses mômes - sur ordre de Petit-Fils Premier qui souhaitait que ça colle avec son livre - avaient été attribués à Juliette Le Her.

Un rigolo, Petit-Fils Premier. Mais un vrai rigolo...

Les quatre descendants étaient bien nés de Claudie Neyret, la seconde femme de Petit-Guillaume qu'il a épousé le 5 mars 1955, à Paris Xème.

Donc, la semaine dernière, je reprends mes notes et je me lance.

Au premier appel, le descendant est absent mais la dame qui me répond est fort aimable.

Je lui demande de laisser un message.

Et puis, tout d'un coup, je ne sais plus sur quel mot, elle embraye : "Je suis sa maman".

Et alors là, le téléphone me tombe des mains.

Parce que la maman, c'est Claudie Neyret. Et c'est immédiatement ce que je lui dis.

Ce qui la déstabilise autant que moi.

Claudie Neyret avait 20 ans de moins que Petit-Guillaume lorsqu'elle l'a épousé. C'est donc dans l'ordre des choses qu'elle lui ait survécu.

C'est une dame polie. Discrète. Qui compte ses mots. De peur de....

Elle est toujours restée "en-dehors de l'affaire".... Et on la comprend....

Elle n'a jamais lu aucun livre sur l'affaire. Bon. C'est son choix.

MAIS...

Très récemment, alors qu'ils ont reçu un exemplaire du dernier ouvrage de Me Langlois, elle a lu ce livre.

Et là, me dit-elle, elle a appris beaucoup de choses.

Elle me confirme qu'ils sont toujours restés à l'écart de l'affaire.

Que c'était le souhait de Petit-Guillaume : "rester à l'écart de l'affaire"....

Elle n'a rencontré Juliette Le Her qu'une seule fois. Et il y a, bien sûr, très longtemps.

Je ne veux ni l'importuner.

Ni la mettre mal à l'aise vis-à-vis du rejeton que j'ai tenté de joindre.

J'abrège donc notre conversation qui a duré quelques bonnes trente minutes.

Je suis Joie quand je raccroche.

Jamais je n'aurais pu imaginer lui parler.

Et puis, c'est émouvant, cette femme de 83 ans qui découvre tout cela...

Attention...

Madame veuve Petit-Guillaume ne me dit à aucun moment que "le secret de famille" évoqué dans le livre de Me Denis Langlois est vrai...

Elle me dit juste qu'elle l'a lu, ce bouquin.

C'est tout.

Point barre.

Ne me faites pas dire ce que je n'ai ni dit ni écrit.

Mais cela ne nous résoud pas pour autant l'affaire Seznec.

Car Petit-Guillaume (12 ans en 1923, une fois pour toutes, merci) a répété ce qu'il a entendu.

Et il a interprété les mots de sa mère.

Comme peut le faire un enfant de 12 ans.

En les comprenant. Ou pas.

Ce n'est qu'une courte séquence d'un long film.

Dont il nous reste encore à récupérer toutes les bobines.

Et là, on est pas sorti des ronces.

Vu que la première, on l'a déjà paumée !

 

Liliane Langellier

 

P.S. Dans son dernier article...

Skeptikos compte et recompte les dollars.... et ça fait pas le compte....

Un comptable parmi vous ?

Commentaire de Daniel Le Petitcorps

suite à l'émission de Franck Ferrand du 23 avril  

sur la page Facebook de l'émission :

 

Je trouve Denis Langlois bien optimiste même s'il est toujours permis d'espérer une bonne fin pour cette dramatique Affaire Seznec toujours pas résolue. Je dois dire que j'ai été choqué de l'entendre parler "d'affrontements au sein de la famille Seznec en particulier entre Bernard Le Her (aujourd'hui décédé) et son frère Denis Le Her Seznec " dont ce dernier était très proche. Des désaccords peut-être, comme dans toutes les familles, et alors ? ... Je ne peux m'empêcher de m'interroger d'autre part, lorsque Denis Langlois " pour en finir avec l'affaire Seznec " comme il dit, indique "qu'il préférerait que ce soit les autorités judiciaires qui prennent l'initiative de rouvrir le dossier afin de chercher la solution judiciaire la plus équitable, celle qui choquera le moins de gens ". Une sorte de compromis, si j'ai bien compris, qui reviendrait, pour la Justice, à admettre que Guillaume Seznec n'était pas l'assassin de Quémeneur, mais qu'en contrepartie, il était bien coupable de faux et usage de faux. Et quid de la dissimulation de cadavre ? si l'on se réfère aux éléments qu'apporte Denis Langlois sur l'enregistrement de Petit Guillaume. Je suis tenté de dire: C'est quoi ce délire ? Nous ne sommes pas que je sache dans une république bananière où la Justice condamnerait ou blanchirait le justiciable au gré de l'humeur du peuple. Pour le reste la question reste la même. Elle est claire et plus que jamais d'actualité. Y-a-t'il des éléments susceptibles de faire naître le doute ? C'est oui ! ( Il y en a plein les tiroirs, comme on le sait). Dans ce cas le doute doit profiter au condamné et à ses ayants droit par voie de conséquences.(conformément à la loi de 1989 dite loi Seznec,complétée récemment ). C'est ce que l'Avocat général de la Cour de cassation, Monsieur Jean-Yves Launay, magistrat intègre, avait demandé dans ses conclusions déposées à la Commission de révision le 29/01/2005 et à la Cour de cassation, le 5/10/ 2006. La Cour ne l'avait pas suivi comme on sait et avait rejeté la requête. Il est je crois utile de préciser que les Avocats généraux à la Cour de cassation sont de par leur statut, des magistrats entièrement indépendants qui, à la différence des magistrats des parquets, des cours d'appel et des tribunaux, ne sont ni parties poursuivantes, ni subordonnées à des instructions hiérarchiques. Ils exposent, par leurs conclusions, en toute impartialité, un avis en droit sur l'interprétation de la loi dans les affaires dont ils sont saisis. Je dirais pour conclure que c'est désormais, de mon point de vue, aux ayants droit et à eux seuls de solliciter ou non une nouvelle demande en révision auprès des instances judiciaires. Et pas pour chercher la solution judiciaire la plus équitable qui choquera le moins de gens, comme le demande Denis Langlois, mais pour l'honneur d'un homme qui a passé 23 années de sa vie au bagne avec toutes les conséquences que l'on sait, pour lui-même et sa famille.............................................................................................................................Daniel LE PETITCORPS ( Auteur du Livre : Seznec. En quête de vérité ) fils du Commandant de brigade de gendarmerie de Paimpol, officier de police judiciaire qui dirigea en 1951 et 1953 les fouilles à Plourivo, dans le but de retrouver les restes humains de Pierre Quémeneur. Pour me contacter: Daniel.lepetitcorps@sfr.fr

 

 

 

 

Affaire Seznec Investigation : le livre de Me Denis Langlois

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Olijuseb 02/06/2015 08:54

Comme vous, je pense qu'il y a une part de vérité dans le récit que fait Petit-Guillaume, mais il y a aussi des trucs qui clochent... comme le retour de son père à Morlaix dans l'après-midi par exemple.