Affaire Seznec Investigation : Louis Quéméner

Publié le par Liliane Langellier

“Il est aisé de s'accrocher à ses stéréotypes et ses idées préconçues,

on se sent ainsi rassuré dans sa propre ignorance.” Obama

 

 

 

Voilà un personnage de notre pièce de théâtre sur lequel on sait moins que rien.

Je résume :

- Il est né à Commana le 10 décembre 1884,

- Il a vécu dans l'ombre de son frère Pierre d'abord au café de Saint-Sauveur dont on le retrouve "associé" dans le recensement de 1911.

Puis à Plourivo, dont il a été le régisseur de la propriété de Traou Nez,

et enfin dans l'ombre de son beau-frère Jean Pouliquen pendant toute l'enquête de l'affaire Seznec.

Beau-frère à qui il avait également prêté de l'argent (30.000 francs) pour s'établir notaire à Pont-L'Abbé.

C'est lui qui dépose devant le juge Campion, le 29 décembre 1923, l'état de la fortune de son frère (in Bernez Rouz page 22) :"L'actif est évalué à 733.500 francs et le passif à 181.000 francs."

Et en page 130 : "Enfin le domaine de Plourivo, objet de la tractation entre Seznec et Quéméneur, échappe à toute investigation. On ne sait rien sur la vie qu'y menait Louis Quéméner."

- Il a fini ses jours à l'hospice de Saint-Thégonnec où il est mort le 28 avril 1954.

Cet article est appelé à s'étoffer.

Mais il faut bien le commencer

Et puis Thierry (et oui, encore lui) il vient de me trouver le R.M. (Registre Matricule) de Louis que je vous joins en bas de page.

Et là surprise...

Hier on découvre que Jean Pouliquen s'est bien battu contre les Allemands et a été dûment médaillé....

Aujourd'hui, on découvre quoi ?

Que Louis Quéméner a été en captivité en Allemagne du 7 septembre 1914 au 4 janvier 1919 au camp de Minden.

C'est tout à son honneur. Et cela balaye les crachats qui vont suivre.

Car, contre sa volonté, le pauvre Louis a été le héros d'un bien piteux vaudeville à trois balles : 

Le comble du ridicule est atteint dans la description que Me Yves-Frédéréic Jaffré reprend - en se moquant - de chez Privat en page 184 de son ouvrage, en l'intitulant : "Drame au manoir" :

"Louis Quéméneur, qui ressemble à son frère en plus paysan et dont l'oeil gauche clignote, comme celui de l'acheteur de la machine à écrire, avait une chambre au manoir, mais habitait le bourg (de Plourivo) où il prenait ses repas. Cependant, il couchait fréquemment chez son frère. Ayant une maîtresse à Plourivo, il préférait la voir dans l'isolement de la propriété. Elle venait le rejoindre et l'attendait quand il ne rentrait pas immédiatement. Il a la dalle en pente et l'arrose volontiers. Pierre Quéméneur attendait donc son frère. Il repartirait, au matin, avec lui, pour se rendre à la fête de famille de son oncle Gestin en Commana. Une femme ouvre la porte, monte chez Louis. Elle va se mettre dans les draps. Il s'étonne, ouvre l'huis qui communique avec la chambre de son cadet, voit la jeune fille et cherche à profiter de l'occasion.

Le frère survient et surprend le couple. Dispute. Louis Quéméneur, outré, qui a sans doute un verre dans le nez, est furieux. Il sort son revolver. Pierre tente de le désarmer, n'y peut parvenir, prend la fuite. Il rejoindra les bois vallonnés par la rivière. Mais la haute marée coupe sa fuite. Il reçoit une balle dans la jambe, trébuche, repart vers le chemin de fer (...)

Dix minutes s'étaient à peine écoulées qu'un deuxième coup de feu fut tiré en avant du manoir, près du pont du chemin de fer, semble-t-il. Puis le calme se rétablit."

Et en page 186 : "Désormais Louis Quéméneur fut associé à la disparition de son frère".

Vous avez là, sous vos yeux étonnés, la piste de Traou-Nez... Que même Closer n'oserait pas publier.

Mais ce genre de ragots circulent dans les chaumières. Et il est à supposer que Louis Quéméner dut beaucoup en souffrir.

Attendez, ce n'est pas fini...

C'est dans le livre de Rieux Nédelec, dans leur conclusion (page 211) que l'on trouve cette description à fendre l'âme :

"Dans les rangs des révisionnistes, il y eut certes, des mythomanes, des auteurs et des journalistes intéressés soit à se créer un nom, soit à augmenter le tirage d'une publication, ne reculant devant aucun procédé. L'un d'eux, réussit un jour à mettre en présence Louis Quémeneur, finissant ses jours à la maison de retraite de Saint-Thegonnec et Seznec lui-même. En reconnaissant son interlocuteur, le frère du conseiller général fut, dit le reporter, saisi de panique et se précipita dans l'église. Cette fuite fut interprétée comme un indice, sinon de culpabilité personnelle, tout au moins d'une connaissance de faits que le vieillard avait dissimulés pendant toutes ces années. Si tel était le cas, Louis eut la force, ou la faiblesse, d'emporter son secret dans la tombe."

Jeanne Seznec avait sans doute encore été payée lourd par "Détective" pour organiser ce genre de rencontre pitoyable !!!

Entre les menteurs pathologiques et les achetés par la presse, elle était belle l'affaire Seznec du côté de Plourivo.

Elle sentait la moule avariée et le paté Hénaff rance....

Mais elle a existé..

Et Louis Quéméner - qui n'aurait bu que du lait toute sa vie - a trinqué....

Et les crétins ont bien rigolé.

 

Liliane Langellier

 

P.S. Ne pas hésiter à relire sur ce blog l'article :

"Traou-Nez le juste prix !"

 

P.S.2 Juste une question, il est devenu quoi Louis Quéméner après la vente de Traou-Nez en 1925 ???

On sait que Jeanny est entré en religion, mais lui ????

Parce qu'il avait encore presque 30 ans à vivre avant sa mort à Saint-Thégonnec....

 

R.M. Louis Quéméner

R.M. Louis Quéméner

R.M. Louis Quéméner (2)

R.M. Louis Quéméner (2)

R.M. Louis Quéméner (3)

R.M. Louis Quéméner (3)

R.M. Louis Quéméner (4)

R.M. Louis Quéméner (4)

En 1911, recensement de Saint-Sauveur, PQ est négociant en vin, patron ; Louis est associé.

En 1911, recensement de Saint-Sauveur, PQ est négociant en vin, patron ; Louis est associé.

L'une des rares photos de Louis Quéméner en couverture de "Détective" d'octobre 1949. In blog Me Langlois.

L'une des rares photos de Louis Quéméner en couverture de "Détective" d'octobre 1949. In blog Me Langlois.

Publié dans Louis Quéméner

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