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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 880 articles.

Affaire Seznec Investigation : le secret, c'est pas que je doute, mais...

"La curiosité, c'est l'insubordination dans sa forme la plus pure."
Vladimir Nabokov

 

 

Enfin, si, je doute un peu quand même...

Sinon je ne serais pas moi.

Et puis, il y a quand même des faits qui ne le font pas.

 

1/ L'âge de Petit-Guillaume en mai 1923

Une fois pour toutes, Petit-Guillaume a 12 ans.

Et non 11 ans (cf page 211 chez Me Denis Langlois)

Puisqu'il est né le 1er mars 1911 et que la scène se déroule en mai 1923.

23 - 11 = 12.

Quant à son frère Albert, né le 31/10/1914, il a 8 ans 1/2 et pas 6 ans 1/2  (cf in Me Denis Langlois page 212).

Et à 8 ans 1/2, il était aussi capable de comprendre que son frangin, non ?

Et puis on a des repères pour se souvenir de son âge : des potes de pensionnat, un évènement de la vie quotidienne, la communion solennelle (tiens oui à 11 ans justement), puisqu'en 1923, le 17 mai, c'est Jeanne qui fait la sienne.

Et qui en profite d'ailleurs pour nous faire, pour le même prix, une hallucination : 

"(...) Je sortis de la maison (....) C'est alors que je vis quelque chose qui, aussi longtemps que je vivrai, restara gravé dans ma mémoire. Comme je regardais vers l'usine, il me sembla soudain apercevoir, dans l'encadrement de la porte, une grande croix blanche, ou plus exactement une silhouette lumineuse semblable à celle d'un homme debout, les bras en croix.

Je fus saisie d'une inexprimable frayeur et je courus vers ma grand-mère à laquelle je dis aussitôt ce que je venais de voir. La bonne vieille se signa. Les autres trouvèrent une explication : j'avais trop bu de vin. Mais moi je savais bien que ce n'était pas cela et je pleurai à gros sanglots."

Oui, d'accord, c'est chez la Sylvane en page 29.

M'enfin, un peu exaltée, la donzelle !

Moi, ce dont je me souviens, c'est qu'à Saint-Jo, nous n'avions pas le droit de rentrer déjeuner chez nos parents, à cause des Vêpres solennelles de l'après-midi. Et qu'il y avait des petits pois au menu. Que je les détestais. Et que j'ai été forcée de les bouffer quand même. Genre "Mon Dieu, je vous L'offre". La classique réponse des Religieuses à nos petits soucis quotidiens.

Bon, je l'avoue, j'étais déjà plus rigolote et indisciplinée que mystique....

Nobody's perfect, isn't it ?

 

2/ La hauteur des fenêtres

Je ne sais pas combien il devait mesurer Petit Guillaume à 12 ans, mais je dirais volontiers environ 1 m 60...

Et c'est là que le bât blesse.

Parce qu'il nous manque singulièrement de précision pour la hauteur à grimper avant d'atteindre les fenêtres :

"C'était haut la fenêtre. A mon idée, ça devait faire un mètre-un mètre cinquante. Je suis monté sur le petit rebord et j'ai regardé." in Me Denis Langlois en page 211.

Ah, mais pardon Léon, un mètre, ou un mètre cinquante, c'est pas du tout la même chose pour un môme qui doit pas en mesurer beaucoup plus.

Non, je ne demande pas de chaîne d'arpenteur.

Je dis. C'est tout.

 

3/ Le retour de Guillaume

Là, j'ai du mal avec les horaires et ce que nous décrit Petit Guillaume.

Thierry l'a écrit et vous pouvez le relire ici : Le retour de Guillaume Seznec à Morlaix.

 

4/ L'enregistrement de Petit Guillaume

Comme il n'y a pas de hasard, je suis tombée hier sur la reproduction d'un magnéto année 1974/1978 (je vous le joins en photo en bas).

C'est pas pour dire, mais pour ne pas le voir, il fallait vraiment être bigleux.

C'est Le Her qui était bigleux (et encore...) dans la famille, pas Petit Guillaume.

On a calculé et recalculé des mesures de boîtes pour les dollars or, mais là, il l'a mis où son encombrant magnéto Bernard Le Her pour faire causer le tonton ???

Hein ? Je vous le demande, il l'a mis où ?

 

5/ Les relations Bernard Le Her / Petit Guillaume

Elles semblaient bonnes à ce qu'on lit.

Alors pourquoi le neveu serait-il allé enregistrer son tonton en lousdé.

D'autant plus que le tonton - à ce que j'ai compris - il ne voulait surtout plus entendre parler de l'affaire Seznec. Mais alors plus du tout...

Sauf si Bernard l'a convaincu que c'était la seule façon d'arrêter la demande en révision que Me Denis Langlois préparait.

Auquel cas, ils ont fait ça gentiment devant un apéro....

Sans cacher le lourd objet.

 

6/ La bande magnétique perdue

Ils sont vraiment désordre dans cette famille quand même.

Surtout pour des révélations pareilles, perdre le seul objet qui les prouve ???

Je ne sais pas vous, mais moi...

On aura du mal à me faire avaler ça !

 

7/ C'est soit l'un, soit l'autre...

Soit Marie-Jeanne était la maîtresse de Pierrot (ce qui semble être la version dite chez le juge Favard), soit elle a été agressée sexuellement, m'enfin pas les deux hein ?

Je ne connais aucune de mes copines qui se soit plainte d'avoir été agressée sexuellement par son amant (je dois pas fréquenter les bonnes....)

Soit elle a tué le Pierrot d'un coup du foutu chandelier sur la cheminée, soit il a glissé sur le parquet trop ciré et est allé se cogner la tête sur Dieu seul sait quoi, mais là aussi, pas les deux, hein ?

On est passé, mine de rien, du "Cold Case" au "Hot Case"....

 

8/ La langue du sketch

Je ne sais même pas si Guillaume et Marie-Jeanne échangeaient en breton dans la vie courante. Il me semble avoir lu qu'ils le faisaient quand elle allait le voir en prison...

Mais Petit Guillaume ???

Oui, Petit Guillaume, témoin du dialogue entre son père et sa mère, il parlait breton, lui ?

Ou les bons pères de Saint-Joseph interdisaient-ils formellement l'usage de cette langue ?

Si, si, ça a pas l'air comme ça, mais c'est important comme question...

Parce qu'il n'y avait pas la Wi-Fi à Traon-ar-Velin et côté traduction simultanée sur une tablette, Petit Guillaume, ça le faisait pas non plus.

 

9/ La météo

Je ne vais pas dire qu'il pleut toujours en Bretagne.

D'une part, parce que c'est pas vrai.

Et d'autre part, parce que je n'ai pas envie de me faire lyncher par les Bretons qui fréquentent ce blog....

Mais côté météo, Thierry, ça le reprend régulièrement (c'est un garçon précis et précieux), et le revoilà qui m'écrit : 

"Juste pour info, la météo de la première édition des 24 heures du Mans organisée les 26 et 27 mai 1923 : Samedi exécrable, pluie intermittente le dimanche matin, soleil léger l'après-midi."

La grande belle journée ensoleillée, il adhère pas, Thierry, mais pas du tout...

Je suis certaine qu'avant la fin de matinée j'aurai un extrait de journal précisant le temps du dimanche 27 mai 1923 sur Morlaix.

On parie ?

Et bien voilà, il a pas molli, Thierry, il m'a envoyé la météo sur un mois. Je vous reproduis ci-dessous celle du week-end concerné....

 

10/ Que sont les acteurs devenus ?

Marie-Jeanne et Pierrot, on sait...

J'ai eu un mal fou à réunir deux lignes sur Petit Guillaume, mais je vous l'ai fait quand même.

Et je n'ai pas oublié non plus Angèle, la servante au grand coeur.

Là, je me pose question.

Angèle a quitté notre planète terre depuis fin octobre 1938.

Mais, Petit Guillaume, enfin, il avait quatre enfants.

Ont-ils été questionnés ?

J'ai, par le plus grand des hasards (oui, celui-là il est grand) parlé à Madame Claudie Neyret au téléphone. Mais j'ai été la seule à le faire ???

Pour la descendance de Bernard Le Her, là, j'ai un zéro pointé.

Mais je ne peux pas avoir une bonne note dans toutes les matières, ça ferait un peu bas bleu, non ?

 

11/ Ils se seraient pas moqués quand même ?

Non, mais parce que tout est possible.

Ce qui me titille, c'est l'histoire des fouilles à Rudéval.

Bernard raconte ça à Denis qui en pète un plomb au retour de chez cette chère Madame Bataille.

Sauf que...

Quand j'ai le plaisir de causer avec Madame Berthou, elle me certifie (oui, elle a toute sa tête et elle pourrait vous en apprendre) qu'il n'y a jamais eu de fouilles à Rudéval.

Faut dire que le Denis, avec sa prise de pouvoir sauvage, "l'enfant du destin", il avait un peu énervé Bernard. Qui, lui, n'avait qu'un seul droit : la boucler. Et encore de ne pas en abuser.

Dans la génération précédente, les giries (oui, depuis peu, j'aime ce mot) de la Jeannette avec Claude Bal avaient énervé les deux frères Guillaume et Albert.

D'un côté, nous avons Jeanne et "l'enfant du destin", de l'autre, Guillaume et Bernard.

Petit Guillaume, dans sa vie, il avait baroudé. Ce n'était pas un enfant de choeur. Il en avait vu des vertes et des pas mûres...

Bernard, que "l'enfant du destin" décrit aimablement : "Vous verrez, m'a annoncé Denis Le Her, il ressemble à "son" père François Le Her." in Me Langlois en page 210.

Parce que lui, il est le fils de qui ? 

C'est pour ça que je m'acharnais sur les dates du "stage François Le Her" au camp de Saint-Pabu...

Pas pour essayer de prouver que la Blanche Hermine avait plus collaboré avec les vert-de-gris que les autres provinces, mais juste pour savoir si Denis était bien le fils de son père, en les comparant ces foutues dates, capisce ?

Alors, c'est sûr, Bernard il avait un compte à régler.

Là, où ça colle pas trop bien c'est que Petit Guillaume, lui, il voulait surtout la paix.

Oui, "Peace at any price" comme disent les Brits.

Mais, entraîné par son neveu, allez donc savoir...

 

 

 

Faut dire quand on a un doute.

Et encore plus quand on n'en a pas qu'un !

Faut pas jouer les faux culs qui applaudissent au spectacle et qui critiquent à la sortie.

Il y a un paramètre important dans cette histoire, c'est la haine....

Qui se transmet de génération en génération dans cette famille.

Bernard Le Her détestait Denis Le Her Seznec. Qui lui rendait bien.

Me Langlois était l'avocat de Denis Le Her Seznec.

Pour arrêter la demande de révision en cours Bernard a-t-il tenté le tout pour le tout ?

A-t-il - avec la complicité de Petit-Guillaume - monté un invraisemblable sketch pour duper la naïveté de Me Langlois ?

Toutes les options restent ouvertes....

 

Liliane Langellier

 

P.S. Et pendant que je rame sur "le secret", Skeptikos, lui, nous cause Vacquié : 

"On recherche grand naïf, apport 100.000 francs"

 

 

 

 

Magnéto à bandes. 520 x 347;

Magnéto à bandes. 520 x 347;

Une bande magnétique, ça s'égare pas comme ça, quand même...

Une bande magnétique, ça s'égare pas comme ça, quand même...

La météo dans la Dépêche de Brest du 27 mai 1923.

La météo dans la Dépêche de Brest du 27 mai 1923.

La météo dans La Dépêche de Brest du 28 mai 1923.

La météo dans La Dépêche de Brest du 28 mai 1923.

in Paris Soir du 3 novembre 1924. A la rubrique "Paris qui rit ce soir"....

in Paris Soir du 3 novembre 1924. A la rubrique "Paris qui rit ce soir"....

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A
Bonjour,<br /> J'avais lu avec délectation l'article, ci-dessus : "C'est M. Quémeneur qui a tué lé comte de Kerninon".<br /> Voici un lien sur la "mystérieuse mort du comte de Kerninon" (L'Ouest-Eclair, 13/09/1924)<br /> Une histoire digne du Rouletabille de Gaston Leroux...<br /> Je ne retrouve pas trace du juge Truchelut, ni du notaire Fleury.<br /> En revanche, la suggestion facétieuse de l'auteur de l'article : "que Seznec aide M. Pierre Decourcelle" est en effet intéressante. On en jugera par les titres de certaines oeuvres de cet auteur :<br /> "Le Fond du sac" (1883) (qui a ou aura vidé son sac ?)<br /> "Mensonges" (1889)<br /> "Les deux Gosses" (1880) (Petit-Guillaume et Albert, ou bien Bernard et Denis ?)<br /> "Crime de femme" (1885) No Comment<br /> "Le crime d'une sainte" (1890) idem<br /> Et puis, pêle-mêle, "les millions de la bonne", "les requins de Paris", et je termine avec "les mystères de New-York", au cas où Pierrot se serait finalement rendu outre-Atlantique...
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L
Merci, cher Alain, pour la crise de fou rire... Elles ne sont pas pléthore en ce moment...
A
Bonjour à toutes et à tous,<br /> <br /> Voici une saine récapitulation, qui relance la "machine à penser" (sinon à écrire...)<br /> Et je ne manquerai pas de m'y employer.<br /> Mais... Objection, Votre Honneur.<br /> Sur un point, en tous cas.<br /> Sur le point n° 4, l'enregistrement de Petit-Guillaume.<br /> Point n'était besoin, en 1977-1978, de l'un de ces magnétophones-dinosaures à bandes, dont nous contemplons ci-dessus la photo.<br /> Du reste, Denis Langlois écrit ("Pour en finir..., p. 211) : "Il [Bernard Le Her] se tient à ma disposition pour me faire écouter la cassette".<br /> Il s'agit donc plus probablement d'un lecteur-enregistreur de cassettes, D'accord, c'était plus gros qu'un smartphone, mais, dans mes souvenirs (j'en possédais un à l'époque), cet appareil était, en longueur et en largeur, inférieure à celle d'un livre comme celui de Denis Langlois, en un peu plus épais. Parfaitement dissimulable, donc, dans un tiroir par exemple, ou sous un vêtement négligemment posé sur un meuble, etc.<br /> Donc, le récit de l'entretien entre Petit-Guillaume et Bernard Le Her, tel que rapporté par Langlois, n'a rien d'impossible.<br /> Après, sur le contenu, c'est bien sûr une autre paire de manches.
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L
Voilà ce que m'écrivait Me Denis Langlois le 17 février dernier :<br /> "Le 25 janvier 1978, Bernard Le Her m'a fait écouter la bande magnétique (Il y avait encore très peu de cassettes) et me l'a laissée quelques jours. J'ai donc transcrit sur papier son contenu exact."<br /> Je vous laisse juge....