Affaire Seznec Investigation : la douleur de porter le nom de Seznec

Publié le par Liliane Langellier

 

Je ne dors plus très bien depuis que j'ai parlé avec Claudie Neyret.

C'est une prise de conscience tardive, certes, mais c'est une prise de conscience.

Je n'aurais jamais eu la curiosité de chercher "ce côté-là" de la famille, s'il n'y avait pas eu le mensonge aux Archives Départementales du Finistère.

Un mensonge d'orgueil, je ne sais.

Une usurpation d'identité, ça, je le sais.

Car il y a certainement des arrières-petits-fils Seznec.

J'avais signalé sur J.A.C (le forum Justice Affaires Criminelles). - sans les citer ni les localiser - que seuls trois hommes avaient le droit de porter le nom de Seznec en tant que petits-fils.

Et certainement pas Denis Le Her. Fis de François Le Her.

Qui a bâti sa réputation en commençant par un mensonge, et en enquillant par d'autres mensonges. Qui ont brouillé à jamais l'affaire Seznec dans la tête des Français.

Parce que les Français, mais ils le croient ce pauvre petit fils blond, bien propre sur lui,  qui vient leur raconter que des carabistouilles pour vendre son bouquin. Qui en est plein de carabistouilles.

Il n'en a rien à battre de faire mal à ses cousins.

C'est d'abord LUI. Son image. Les médias qui l'adulent (moins maintenant mais encore trop quand même). Et le fric qu'il peut tirer de son bouquin pourri.

Mais tout ça, ça a dû commencer bien avant....

Très exactement avec l'arrivée du bateau au Havre.

Ils sont là pour la photo les deux fils... Et puis après....Et puis après le gros François Le Her s'est dit "Par ici la monnaie". Et il a bien veillé à poser avec son beau-père. 

On le retrouve dans un cimetière (qui n'est ni celui de Plomodiern, ni celui de Saint-Ouen) où des journalises peu scrupuleux vont légender tout et n'importe quoi sous les photos.

On le retrouve à table avec Guillaume Seznec.

Et puis peut-être aussi avec le juge Hervé (je vais chercher).

Pour la presse qui paye grassement, il n'y a que les mômes de Jeanne qui fassent la une. 

C'est vrai qu'à l'époque, ni Petit-Guillaume ni Albert n'avaient d'enfants.

Mais ils existaient !!!

Et puis ils sont attendrissants ces deux petits blonds....

Surtout le petit dernier. Dans son berceau.

Oui, celui qui va devenir le filleul de Guillaume et qui va nous polluer les cerveaux.

"Le petit-fils du destin" rien que ça.... 

Mais si vous trouvez une seule photo de "Seznec et ses deux fils", surtout, surtout, vous me l'envoyez. Car, pour moi, il n'y en a pas.

Guillaume et Albert n'ont pas voulu faire partie de la ménagerie que les médias s'arrachaient à coup de billets.

Et qu'empochaient - sans aucun scrupule - Jeanne et François Le Her.

Et ça a continué après la mort de Le Her.

Madame Berthou me l'a bien dit : "Je lui avais demandé à Jeanne, si ça ne la fatiguait pas d'être toujours suivie par une meute de journalistes. Mais ils la payaient pour ça...."

Oui, c'est vrai, Guillaume et Albert n'avaient pas encore d'enfants.... Alors, pour faire pleurer la France des Margots, ça pouvait pas coller...

Les Le Her ont vendu le malheur du grand-père à tous ceux qui voulaient bien l'acheter.

Et ils ont zappé par cette manoeuvre l'existence des deux fils de Guillaume.

Quelle a-t-elle pu être cette existence ?

On en sait si peu.

Et ce ne sont pas les archives généalogiques qui vont nous aider.

On sait que Guillaume a épousé Juliette Le Her. Puis qu'il est parti à la guerre.

La Sylvane, qui est au féminin ce que Petit-Fils Premier est au masculin, côté conneries à éditer dans un bouquin, nous raconte que Petit-Guillaume s'échappe de son camp de prisonniers en Allemagne. Pour venir se réfugier à Kergleuchard.

L'histoire est toute autre.

Guillaume s'est bien échappé de son camp de prisonnier mais pour rejoindre l'Angleterre. Et participer au Débarquement. Nuance !!!

Juliette (marquée psychologiquement depuis sa naissance, il faut bien le reconnaître) a laissé tomber Guillaume pour vivre à la colle avec Albert.

Cela n'a pas dû faciliter les relations entre les deux frères.

Encore que l'intermède Albert pour Juliette fut de courte durée.

On peut donc espérer qu'ils ne se sont pas fâchés pour cette guindrelle-là.

Petit détail mais d'importance, Anne-Thérèse, fille de Juliette, que Petit-Fils premier nous attribue dans sa bible à Albert, n'a jamais été reconnue par ce dernier et porte donc le nom de Le Her.

Bon. Le grand-père meurt en février 1954.

On a encore droit aux photos de Jeanne éplorée... 

Celle-là aussi elle avait l'ego en vrille et un nombrilisme avancé.

Tout cela atteint son paroxysme avec Claude Bal....

Pendant ce temps-là, les deux frangins filent le plus loin possible.

D'ailleurs une phrase m'avait intriguée (mais elle a tellement dit de mensonges aussi au Juge Sultana de Brest; Jeanne, lors de son interrogatoire après la mort de Le Her) : "Je n'ai plus de relations avec mes deux frères...."

Enfin... les frères étaient partis mener leurs vies.

Mais, eux, ils s'appelaient Seznec.

Pire encore pour Petit-Guillaume, il était Guillaume Seznec, fils de Guillaume Seznec.

Petit-Guillaume s'est mariée avec une femme bien. Qui lui a donné quatre enfants. Mais il devait y avoir des moments difficiles.

Tiens, prenez les émissions d'Europe 1 en janvier 1979, par exemple.

Toute la France (c'est que Pierre Bellemare il a mal fait son boulot, là, oui je le dis haut et clair, il a mal fait son boulot, manipulé qu'il était par Petit-Fils premier) retombe à pieds joints dans l'affaire Seznec.

Vous pensez que ça a dû être facile à vivre pour Guillaume, sa femme et ses mômes ???

Albert était mort depuis 1965. Et pas suicidé. Mort (on en reparlera....)

Non seulement Guillaume entendait son neveu enfiler les mensonges à la radio, mais en plus il portait le nom de Seznec.

Je ne sais quel boulot il exerçait ni où il l'exerçait mais ça n'a pas dû être facile facile...

A aucun moment, dans aucun media, dans aucune conférence, je n'ai entendu Denis Le Her-Seznec dire ou avoir une pensée pour ses oncles et cousins.

Il est exactement comme le gros Le Her : d'abord LUI sur la photo.

Un enfer que ça a dû être - où qu'ils se soient trouvés Guillaume, Claudie et les enfants - cette série d'émission, un véritable enfer.

Et puis, même blessés, ils ont avancé. La vie a repris le dessus. Des vies se sont construites.

Et bim badaboum, Me Denis Langlois sort son bouquin le 12 février dernier.

Et là, c'est Petit-Guillaume qui tient le premier rôle....

Il les a quittés en 1981, Petit-Guillaume....

Mais les blessures des enfants, elles ont dû se réouvrir.

Vous y avez pensé, vous, aux blessures des enfants ????

Parce que, moi, j'y pense.

Et j'aimerais tellement que cette fois ils parlent.

Pour eux d'abord, pour se libérer.

Et puis pour nous, ensuite, pour qu'on puisse se laver enfin de toutes les scories qui nous ont salis depuis toutes ces années.

Et nous ont empêchés de savoir la vérité.

 

 

Liliane Langellier

 

P.S. Ne pas oublier que cette bourrique de Claude Sylvane a largement entretenu le mythe de "Jeanne la martyre" avec son livre de souvenirs recueillis sur un coin de table, en quelques jours début février 1950, dans le Tarn-et-Garonne, et bourré d'erreurs "Notre bagne" de Jane Seznec....

Et qu'il porte en exergue cette phrase de Jeanne Seznec (oui, Jeanne, restons simples) :

"Au souvenir de ma chère maman,

à mon Père vénéré,

à mes quatre petits,

à mon magnifique défenseur Maître Raymond Hubert,

à vous tous, amis inconnus qui les lirez,

ces pages que je pense être la vérité, toute la vérité, rien que la vérité sur notre pauvre histoire." 

Jane Seznec

 

Et les frangins, Guillaume et Albert, juste là ??????

 

Le 27 avril 1950 : mise en vente de Notre bagne, un volume de souvenirs de Jane Seznec publié par Claude Sylvane aux Editions de la Plaque Tournante appartenant à Cécile Denoël;

 

Bernez Rouz nous précise en page 10 de son ouvrage :

"L'ouvrage sort en feuilleton dans Paris-Presse, la parution du livre est fort bien orchestrée par l'éditeur qui fait venir à Paris Jeanne et son père. Claude Sylvane, Jeanne et Guillaume Seznec entament un tour de France marqué par soixante-dix conférences, qui constitueront, après la croisade du juge Hervé dans les années 1930, un des moments lesplus forts de la campagne de réhabilitation."

 

Schéma de répétition classique pour Petit-Fils premier avec son ouvrage et son tour de France.

 

 

L'arrivée du paquebot au Havre. L'une des seules photos où l'on peut voir Guillaume et Albert.

L'arrivée du paquebot au Havre. L'une des seules photos où l'on peut voir Guillaume et Albert.

Seznec et Le Her au cimetière. Pas celui de Plomodiern, en tout cas....

Seznec et Le Her au cimetière. Pas celui de Plomodiern, en tout cas....

Ces photos-là ont toutes été faites un beau jour de fin juillet 1947.

Ces photos-là ont toutes été faites un beau jour de fin juillet 1947.

"Le petit-fils du destin" dans son berceau...

"Le petit-fils du destin" dans son berceau...

Seznec et ses petits-enfants, dit la légende.....

Seznec et ses petits-enfants, dit la légende.....

Claude Sylvane, Guillaume Seznec et Cécile Denoël, le 27 avril 1950...

Claude Sylvane, Guillaume Seznec et Cécile Denoël, le 27 avril 1950...

Extrait d'un article dans Ouest-Eclair du 19 mai 1926.

Extrait d'un article dans Ouest-Eclair du 19 mai 1926.

Publié dans Famille Seznec

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Youenn 08/06/2015 16:01

OK pour le "AUX" concernant les Archives....

Olijuseb 07/06/2015 13:57

Effectivement, il y a des noms difficiles à porter et c'est bien de le rappeler... tout comme il est bon de rappeler aussi que l'on est pas responsable des actes qui ont été commis par nos ancêtres.

Youenn 07/06/2015 01:16

Bonsoir Madame Langellier. Ce post mérite réflexion.
Quant au fond : oui, personnellement, j’arrive à comprendre la compassion que vous éprouvez pour les descendants de Guillaume Seznec. Et ceux de « Petit-Guillaume » en particulier. Eux, ont droit à notre respect le plus total, et il ne viendrait à l’idée de personne de vouloir les accabler, ni les poursuivre. Mais il est vrai aussi que s’ils pouvaient un jour se décider à parler, car ils en savent certainement, des choses, ce serait profitable à tous ceux qui ont cherché à savoir qui était Guillaume Seznec et pourquoi et comment son ami Pierre Queméner n’a plus donné signe de vie.
Quant à la forme , 2 remarques , et merci de bien vouloir éclairer la lanterne de vos lecteurs :
- A propos du « mensonge des Archives Départementales du Finistère ». Vous laissez sous-entendre des tas de choses…dont une opposition délibérée et récente à faire progresser la vérité ?
- A propos du « fric qu’il peut tirer de son bouquin pourri », n’est-ce là qu’une attaque personnelle, ou est-ce bien le résultat d’une expertise comptable ?
Nous croisons des tas de Seznec ici, en Penn-ar-bed , et nous savons leur foutre la paix tant qu’ils ne se manifestent pas. Sinon, par les temps qui courent, c’est ce que l’on dénomme « stigmatisation » …..

La Piste de Lormaye 08/06/2015 12:39

Bonjour Youenn,
Je ne parle certainement pas du mensonge DES Archives Départementales du Finistère, mais du mensonge AUX Archives Départementales du Finistère. Ce qui implique que quelqu'un leur a menti pour avoir plus facilement des renseignements et non l'inverse. J'ai souvent recours à elles. Et je ne les aurais certainement pas mis dans les liens à suivre si c'était le contraire.
Pour le livre de Denis Le Her - qui humilie déjà ses propres cousins en leur piquant leur nom - l'adjectif n'est peut-être pas choisi, mais il m'est sorti du coeur....
Par contre je peux témoigner - et mes confrères de mon département aussi - combien, à chaque conférence, Denis "Seznec" traumatise les organisateurs pour que ses livres soient vendus le plus possible.
Il n'est pour moi ni mieux ni pire que ne l'était Claude Sylvane : des charlatans de la vérité. Qui se font du fric sur la naïveté des Français et sur l'horreur que fut le bagne.
C'est ce que je pense. Et je l'assume.